Un juge américain bloque la tentative de l’administration Trump de régulariser la situation de 8 400 migrants
Un juge américain bloque la tentative de l’administration Trump de régulariser la situation de 8 400 migrants

Un juge fédéral a bloqué la tentative de l’administration du président Donald Trump de mettre fin au statut légal de plus de 8 400 membres de familles de citoyens américains et de résidents permanents légaux arrivés aux États-Unis depuis sept pays d’Amérique latine.

La juge de district Indira Talwani a émis une injonction préliminaire empêchant le Département de la Sécurité intérieure de supprimer le statut de libération conditionnelle humanitaire accordé à des ressortissants de Cuba, d’Haïti, de Colombie, d’Équateur, du Salvador, du Guatemala et du Honduras.

Ces personnes avaient été autorisées à s’installer aux États-Unis dans le cadre de programmes de réunification familiale mis en place ou élargis sous l’administration du président démocrate Joe Biden. Ces dispositifs permettaient à des citoyens américains ou à des titulaires de cartes vertes de parrainer des membres de leur famille en attendant la disponibilité de visas d’immigration.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, son administration a durci sa politique migratoire, soutenue par un budget record de 170 milliards de dollars alloué aux agences de l’immigration jusqu’en septembre 2029. Le Département de la Sécurité intérieure avait annoncé en décembre la fin de ces programmes, les jugeant incompatibles avec les priorités de l’administration et accusés d’avoir permis à des migrants insuffisamment contrôlés de contourner les procédures habituelles.

La suppression de ces dispositifs devait entrer en vigueur à la mi-janvier, mais la juge Talwani avait déjà ordonné une suspension temporaire afin d’examiner la légalité de la mesure. Dans sa décision, elle a estimé que le département, dirigé par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, n’avait pas justifié de manière suffisante ses allégations de fraude ni évalué la possibilité pour les personnes concernées de retourner dans leur pays d’origine, alors que beaucoup avaient vendu leurs biens ou quitté leur emploi.

Selon la magistrate, l’absence d’une explication raisonnée tenant compte de ces éléments rendait la décision « arbitraire et capricieuse ». Le ministère n’a pas réagi à la décision.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’un recours collectif engagé par des organisations de défense des droits des immigrés, contestant la réduction plus large des dispositifs de libération conditionnelle temporaire accordés à des centaines de milliers de migrants. La juge Talwani avait déjà bloqué des mesures similaires concernant environ 430 000 ressortissants de plusieurs pays d’Amérique latine, une décision qui avait ensuite été annulée après l’intervention de juridictions supérieures.

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