Les États-Unis ont abattu mardi un drone iranien qui s’approchait d’un porte-avions américain, au moment même où le président iranien a laissé entrevoir, pour la première fois, une possible ouverture diplomatique avec Washington.
Selon le commandement militaire américain, un chasseur de l’US Navy a détruit l’appareil après qu’il se soit « approché de manière agressive » du navire en eaux internationales, malgré des tentatives de désescalade. L’incident intervient alors que des signaux discrets laissent penser que des canaux diplomatiques pourraient être en train de se rouvrir.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a indiqué sur X avoir demandé à son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi de « poursuivre des négociations justes et équitables », à condition qu’elles puissent se tenir dans un climat exempt de menaces et d’exigences jugées excessives. Une déclaration qui marque un tournant pour ce dirigeant réformateur, qui affirmait encore récemment que la crise intérieure limitait sa marge de manœuvre.
Cette initiative laisse également supposer un feu vert du guide suprême Ali Khamenei, jusque-là hostile à l’idée de discussions directes avec les États-Unis.
Le dossier nucléaire reste le point de blocage central
Ali Shamkhani, conseiller de premier plan du guide suprême, a précisé dans un entretien télévisé que d’éventuels pourparlers porteraient exclusivement sur le programme nucléaire iranien. Il a rejeté l’idée d’un transfert à l’étranger de l’uranium enrichi, comme cela avait été le cas dans l’accord de 2015, et a réaffirmé que l’Iran n’abandonnerait pas l’enrichissement.
Téhéran continue par ailleurs de refuser les inspections internationales sur les sites frappés lors des bombardements de juin, menés par les États-Unis dans le contexte de la guerre de douze jours entre Israël et l’Iran. Les autorités iraniennes affirment qu’une partie du stock d’uranium resterait enfouie sous les décombres, rendant toute intervention dangereuse.
L’émissaire américain Steve Witkoff doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, alors qu’Israël exige que tout accord futur inclue des limitations strictes sur l’enrichissement, les missiles balistiques et le soutien iranien à ses alliés régionaux.
Le président Donald Trump a indiqué privilégier une solution négociée, tout en avertissant qu’un échec pourrait conduire à « de mauvaises choses », soulignant la fragilité de cette possible ouverture diplomatique dans un contexte de fortes tensions militaires.