Trump menace d’utiliser l’armée face aux manifestations anti-ICE au Minnesota
Trump menace d’utiliser l’armée face aux manifestations anti-ICE au Minnesota

Le président américain Donald Trump a menacé d’invoquer la loi sur l’insurrection afin de déployer des forces militaires au Minnesota, après plusieurs jours de manifestations contre la présence massive d’agents fédéraux de l’immigration dans les rues de Minneapolis.

Les tensions se sont accrues après la mort par balle d’une citoyenne américaine, Renee Good, lors d’une intervention impliquant un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), puis après qu’un autre agent a blessé par balle un ressortissant vénézuélien lors d’une tentative d’interpellation. Ces événements ont déclenché des rassemblements parfois violents, marqués par des affrontements entre habitants et forces fédérales, l’usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, ainsi que des arrestations de manifestants et d’immigrés.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Donald Trump a accusé les responsables démocrates de l’État de laisser agir des « agitateurs » et a affirmé qu’il activerait la loi sur l’insurrection si l’ordre n’était pas rétabli. Le président a déjà déployé près de 3 000 agents fédéraux dans la région, patrouillant en tenue tactique et lourdement armés, une présence dénoncée par des élus locaux et des organisations de défense des droits civiques.

Les autorités fédérales affirment que l’agent ayant ouvert le feu sur le Vénézuélien a agi en état de légitime défense, après avoir été attaqué avec une pelle à neige et un manche à balai lors d’une altercation. Cette version n’a toutefois pas pu être vérifiée de manière indépendante. De leur côté, des témoins et des personnes interpellées dénoncent des contrôles agressifs et des arrestations arbitraires, y compris à l’encontre de citoyens américains.

La possible invocation de la loi sur l’insurrection de 1807, qui permet au président de déployer l’armée pour réprimer des troubles intérieurs, suscite de vives controverses. Historiquement utilisée à 30 reprises, cette loi confère au chef de l’exécutif une large marge d’appréciation, même si son usage récent dans le cadre de l’application des lois sur l’immigration a déjà été contesté devant les tribunaux.

Au sein même du camp républicain, la stratégie de fermeté divise. Un récent sondage Reuters/Ipsos montre qu’une majorité de sympathisants soutient une application agressive des lois migratoires, tandis qu’une part significative estime que les forces de l’ordre devraient éviter de blesser des personnes, même au prix d’un moindre nombre d’arrestations. Cette fracture souligne la sensibilité politique d’un dossier qui continue d’enflammer le débat national sur l’immigration et l’usage de la force fédérale

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