Donald Trump a gracié l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernandez, reconnu coupable de conspiration en vue d’importer des tonnes de cocaïne aux États-Unis et condamné à 45 ans de prison. Cette décision spectaculaire, annoncée mardi, marque un revirement inattendu pour un président américain qui s’est pourtant présenté comme un adversaire déterminé du trafic de stupéfiants. Elle suscite un tollé immédiat parmi les élus démocrates, inquiets de son impact sur la crédibilité des États-Unis en Amérique latine.
Dans un communiqué, Trump a justifié sa décision en affirmant qu’Hernandez avait été victime d’un « traitement injuste ». Selon lui, l’ancien dirigeant hondurien serait la cible de persécutions orchestrées par des trafiquants de drogue pour des raisons politiques. Hernandez, qui a dirigé le pays de 2014 à 2022, avait toujours nié les accusations portées contre lui, même après sa condamnation par la justice américaine.
La grâce présidentielle intervient dans un contexte déjà tendu, alors que Washington tente de renforcer sa coopération régionale pour lutter contre le crime organisé. Plusieurs analystes estiment que cette initiative risque d’encourager des dirigeants corrompus et d’affaiblir l’autorité morale des États-Unis, traditionnellement moteurs de la lutte antidrogue sur le continent. Des élus démocrates ont dénoncé une décision « incompréhensible » et « dangereuse », estimant qu’elle sape les efforts américains pour faire face aux réseaux criminels transnationaux.
Le conseiller politique Roger Stone a indiqué avoir remis à Trump une lettre écrite par Hernandez, dans laquelle l’ex-président hondurien plaidait sa cause et réaffirmait son innocence. Si la Maison Blanche n’a pas confirmé le rôle exact de cette lettre dans la décision finale, cette révélation alimente les interrogations sur les motivations de la grâce.
L’affaire devrait continuer de provoquer des remous diplomatiques, alors que de nombreux gouvernements d’Amérique latine s’interrogent désormais sur les priorités américaines en matière de justice et de lutte contre les trafics. Pour Washington, cette décision controversée pourrait compliquer durablement ses relations avec une région déjà fragilisée par les tensions politiques et la criminalité organisée.