Trump affirme que l’État fédéral n’interviendra pas lors des manifestations dans les villes dirigées par les démocrates sans demande locale (AP)
Trump affirme que l’État fédéral n’interviendra pas lors des manifestations dans les villes dirigées par les démocrates sans demande locale (AP)

Le président américain Donald Trump a déclaré samedi avoir donné instruction à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de ne pas intervenir dans les manifestations se déroulant dans des villes dirigées par des démocrates, sauf si les autorités locales sollicitent explicitement une aide fédérale. Cette position intervient alors que son administration fait face à des critiques croissantes concernant sa politique de durcissement de l’immigration.

Dans un message publié sur son réseau social, Donald Trump a affirmé que les autorités fédérales n’avaient « en aucun cas » vocation à participer à la gestion des manifestations ou émeutes dans des villes démocrates « mal administrées » tant qu’une demande formelle d’assistance n’était pas formulée. Il a toutefois précisé que le gouvernement fédéral assurerait une protection renforcée de tous les bâtiments fédéraux visés par des attaques, dénonçant des manifestants qu’il a qualifiés « d’agitateurs » et « d’insurrectionnistes ».

Le président a indiqué avoir également demandé aux services de l’immigration et aux gardes-frontières de faire preuve de fermeté pour protéger les installations fédérales. Interrogé plus tard à bord d’Air Force One, alors qu’il se rendait en Floride, il a déclaré que les villes dirigées par des démocrates « se plaignent toujours », ajoutant que si elles souhaitent une aide fédérale, elles doivent « la demander ».

Donald Trump a prédit que ces villes auraient besoin d’assistance à terme, mais a insisté sur le fait que leurs dirigeants devraient en faire la demande explicite. « Ils doivent dire ‘s’il vous plaît’ », a-t-il lancé.

L’administration Trump a déjà déployé la Garde nationale ou des forces fédérales dans plusieurs villes dirigées par des démocrates, notamment Washington, Los Angeles, Chicago et Portland. Cette stratégie a toutefois suscité une opposition croissante, en particulier dans la région des Twin Cities, au Minnesota.

Le président a par ailleurs averti que les manifestants qui s’en prendraient aux agents de l’immigration ou aux forces fédérales « en subiraient les conséquences », affirmant que ces agents étaient autorisés à se défendre en cas d’agression.

Au Minnesota, le procureur général de l’État, Keith Ellison, ainsi que les maires de Minneapolis et de Saint Paul, ont contesté la montée en puissance des opérations fédérales d’immigration, estimant qu’elles violaient les protections constitutionnelles. Une juge fédérale a toutefois refusé de suspendre ces opérations pendant l’examen de la plainte, tandis que le ministère de la Justice a qualifié l’action en justice de « juridiquement infondée ».

Le climat reste tendu dans l’État, notamment à Minneapolis, après la mort par balle de deux personnes lors d’interventions d’agents fédéraux en janvier. Ces événements ont déclenché des manifestations de grande ampleur dans le Minnesota et ailleurs aux États-Unis.

Le responsable de la politique migratoire de la Maison Blanche, Tom Homan, a suggéré que le nombre d’agents fédéraux pourrait être réduit dans le Minnesota si les autorités locales coopéraient davantage. Donald Trump l’avait envoyé à Minneapolis après les décès afin d’apaiser les tensions.

Le président a enfin indiqué qu’il comptait s’entretenir dimanche avec Tom Homan et Kristi Noem, et s’est montré ouvert à l’idée que les agents de l’immigration portent des caméras-piétons ou que leurs interventions soient filmées. Selon lui, ce dispositif pourrait globalement jouer en faveur des forces de l’ordre.

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