Quelques instants avant que Donald Trump ne prenne la parole devant des militaires américains et qataris sur la base d’Al-Udeid, au Qatar, le comédien américain Theo Von a livré un spectacle provocateur, truffé de blagues sur la drogue, les handicaps, l’homosexualité et les habitants du pays hôte. Sur scène, vêtu d’un simple t-shirt noir et d’une casquette portée à l’envers, l’humoriste et podcasteur a enchaîné les propos crus et controversés, provoquant des rires mais aussi des grimaces dans l’assemblée militaire.
Parmi les passages les plus choquants, Von a évoqué avoir sniffé de la cocaïne sur le dos d’un bébé métis, caricaturé plusieurs handicaps, qualifié la marine américaine de « gay », et plaisanté sur le lieu potentiel du prochain attentat du type 11-Septembre. Il a également raillé le manque de criminalité au Qatar, affirmant qu’il y était difficile d’identifier un suspect puisque « tout le monde s’appelle Mohammed et porte une robe blanche », avant de comparer les Qataris à un « Ku Klux Sandsman ».
La prestation, entendue par les troupes présentes et un petit nombre de journalistes, n’a suscité aucun commentaire officiel de la part des autorités qataries. Elle s’est tenue dans un contexte où les pays du Golfe, malgré leur conservatisme affiché, accueillent de plus en plus de spectacles d’humoristes internationaux et se positionnent comme de nouvelles capitales du divertissement. Néanmoins, les lignes rouges restent claires : pas de critique des monarchies ni de la religion.
Donald Trump, absent durant le spectacle, a salué Theo Von lors de son propre discours, révélant que c’est son fils Barron qui l’avait encouragé à participer à une interview avec le comédien pendant la campagne présidentielle. Il a ensuite pris la parole dans un style familier, se vantant de ses « trois victoires » présidentielles, évoquant une future parade militaire à Washington et concluant son intervention en dansant sur « YMCA ».
Ce n’est pas la première fois qu’un humoriste provoque la polémique lors d’un événement en présence de Trump. Le précédent avait vu Tony Hinchcliffe qualifier Porto Rico d’« île flottante d’ordures ». Theo Von, quant à lui, fait partie d’une nouvelle vague de comédiens issus de la « manosphere », un univers en ligne masculiniste et provocateur qui rejette la culture woke au profit d’un humour frontal et décomplexé.
La prestation de Von, diffusée à la télévision américaine, illustre la volonté de Trump de s’adresser directement à une base électorale jeune et masculine, quitte à franchir les limites du politiquement correct, y compris dans un contexte militaire et diplomatique sensible.