Le fabricant suisse de montres Swatch a présenté lundi ses excuses après la diffusion d’une campagne publicitaire qui a suscité une vive controverse en Chine et sur les réseaux sociaux internationaux. L’entreprise a annoncé avoir immédiatement retiré « l’ensemble des supports liés » dans le monde.
Dans une image de la collection Swatch Essentials, on voit un mannequin asiatique tirer sur les coins de ses paupières avec ses doigts, un geste considéré comme offensant et raciste. La photo a provoqué une vague d’indignation, notamment en Chine, où de nombreux internautes et influenceurs majeurs ont exprimé leur colère.
« Nous présentons nos sincères excuses pour toute détresse ou incompréhension que cela a pu causer », a écrit Swatch dans un message publié sur Instagram, ajoutant que la marque « traitera cette affaire avec la plus grande importance ». La même déclaration a été relayée en chinois et en anglais sur le réseau social Weibo, selon la télévision publique suisse SRF.
La Chine représente un marché clé pour les marques de luxe et d’horlogerie. Plusieurs entreprises occidentales y ont déjà été confrontées à des polémiques similaires. En 2018, Dolce & Gabbana avait dû présenter des excuses publiques en vidéo après un boycott massif de ses produits, déclenché par des vidéos jugées culturellement offensantes lors d’un défilé prévu à Shanghai.
Cet incident survient dans un contexte économique tendu pour l’horlogerie suisse, confrontée à de nouveaux droits de douane aux États-Unis et à un ralentissement prolongé des ventes. Selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse, les exportations connaissent des baisses marquées sur plusieurs marchés majeurs, notamment aux États-Unis, au Japon et à Hong Kong.
Pour Swatch, la polémique risque donc de fragiliser davantage ses relations avec un marché asiatique crucial, où la sensibilité culturelle est devenue un enjeu central pour l’industrie du luxe.