Soudan – Les frappes de drones continuent de tuer des civils au Kordofan malgré la fin de certains sièges, alerte l’ONU (AP)
Soudan – Les frappes de drones continuent de tuer des civils au Kordofan malgré la fin de certains sièges, alerte l’ONU (AP)

Les frappes de drones meurtrières contre des civils se poursuivent au Soudan, y compris après la levée de plusieurs sièges imposés par les Forces de soutien rapide (RSF), a averti lundi le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. La région du Grand Kordofan, composée de trois États, est devenue l’un des nouveaux épicentres du conflit qui ravage le pays depuis près de trois ans.

S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, Volker Türk a déclaré que les attaques de drones menées aussi bien par l’armée soudanaise que par les RSF continuaient de faire des victimes civiles. « Des frappes de drones des deux camps se poursuivent, causant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils », a-t-il souligné.

Selon les données recueillies par son bureau, plus de 90 civils ont été tués et 142 autres blessés par des frappes de drones entre la fin janvier et le 6 février. Ces violences persistent malgré l’annonce par l’armée soudanaise de la levée des sièges de plusieurs villes du sud du pays, notamment al-Dalanj, fin janvier, et Kadugli, début février.

Ces localités avaient été confrontées à de graves pénuries alimentaires et médicales en raison du blocage des voies d’approvisionnement pendant des mois. Les organisations de défense des droits humains craignaient qu’elles ne subissent le même sort que la ville d’al-Fashir, au Darfour, tombée aux mains des RSF en octobre 2025 après un long siège marqué par des massacres.

Volker Türk a également indiqué que des milliers de personnes déplacées à al-Fashir restaient portées disparues. Certaines seraient mortes, tandis que d’autres seraient détenues dans des conditions qualifiées d’inhumaines par les Nations unies, a-t-il ajouté.

Le conflit soudanais, déclenché par la lutte pour le pouvoir entre l’armée et les RSF, a provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des millions de déplacés et un effondrement quasi total des services essentiels. Les Nations unies appellent une nouvelle fois les parties belligérantes à protéger les civils et à respecter le droit international humanitaire.

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