Slovaquie : l’agresseur de Robert Fico conspue le Premier ministre au début de son procès pour tentative d’assassinat
Slovaquie : l’agresseur de Robert Fico conspue le Premier ministre au début de son procès pour tentative d’assassinat

Le procès de Juraj Cintula, l’homme accusé d’avoir grièvement blessé par balle le Premier ministre slovaque Robert Fico en mai dernier, s’est ouvert mardi dans la petite ville de Banska Bystrica, dans une ambiance tendue. L’accusé, menotté et escorté par la police, a profité de son arrivée au tribunal pour invectiver publiquement M. Fico, clamant des slogans en faveur de la démocratie et de la liberté culturelle.

Âgé de 72 ans, Cintula reconnaît avoir tiré à plusieurs reprises sur le chef du gouvernement slovaque, mais affirme n’avoir jamais eu l’intention de le tuer. Une version contestée par le parquet, qui qualifie l’acte de terrorisme et accuse Cintula d’avoir voulu éliminer délibérément le Premier ministre pour désorganiser le fonctionnement du gouvernement. « Cintula a agi pour empêcher de manière permanente Robert Fico d’exercer ses fonctions », a soutenu la procureure Katarina Habcakova, en précisant que les autorités avaient refusé une offre de la défense visant à négocier une peine de 12 ans de prison.

L’attaque avait eu lieu à bout portant, à seulement 1,2 mètre, alors que M. Fico saluait des citoyens dans la ville de Handlova. L’agresseur avait tiré cinq balles, dont quatre avaient atteint le Premier ministre, notamment à l’abdomen. Depuis, ce dernier a survécu à ses blessures, mais l’incident a profondément secoué la scène politique slovaque, exacerbant un climat déjà très polarisé.

Cintula, retraité et ancien mineur, tailleur de pierre et agent de sécurité, a expliqué avoir agi par désaccord avec les politiques de Fico sur l’Ukraine, les médias et la culture. Lors de son transfert au tribunal, il a crié : « Vive la culture libre ! Vive la démocratie ! », affirmant avoir visé Fico parce qu’il « étouffait la culture ».

Depuis son retour au pouvoir en 2023, Robert Fico a recentré la politique étrangère de la Slovaquie, s’opposant à l’aide militaire à l’Ukraine et plaidant pour un rapprochement avec Moscou. Il a aussi initié plusieurs réformes controversées, notamment dans les domaines judiciaire et médiatique, dénoncées par ses opposants comme des atteintes à l’État de droit. Il se présente comme un rempart contre le libéralisme, à l’instar de son allié hongrois Viktor Orbán.

Fico a déclaré avoir pardonné à son agresseur et ne compte pas assister aux audiences, sauf si sa présence est exigée par le tribunal. Le procès devrait se poursuivre mercredi, et d’autres audiences pourraient suivre plus tard dans l’année avant un verdict très attendu dans ce qui demeure l’un des événements politiques les plus graves de l’histoire récente de la Slovaquie.

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