La partie centrale des États-Unis et du Canada pourrait être confrontée à des pénuries d’électricité cet été, selon une évaluation publiée mercredi par la North American Electricity Reliability Corporation (NERC), l’organisme chargé de la surveillance de la fiabilité du réseau électrique nord-américain. En cause : une demande énergétique en forte hausse, des températures estivales supérieures aux normales saisonnières et une transition accélérée vers des sources d’énergie intermittentes.
La demande d’électricité a augmenté de 10 gigawatts depuis l’été dernier, soit plus du double de l’année précédente, a précisé le NERC. Cette hausse est notamment portée par l’essor des centres de données, la reprise du secteur manufacturier et l’électrification croissante des transports. En parallèle, des centrales au charbon et au gaz naturel, qui fournissent une énergie stable 24h/24, sont progressivement mises hors service, alors que les ajouts de capacités solaires et éoliennes se multiplient.
Ce basculement vers des énergies renouvelables, bien que bénéfique pour le climat, pose des défis importants en matière de fiabilité du réseau, en particulier durant les pics estivaux liés à l’utilisation massive de la climatisation. Le réseau texan, géré par ERCOT, pourrait être particulièrement vulnérable en début de soirée, lorsque la production solaire décline alors que la demande reste élevée. « Lorsque le soleil se couche, c’est à ce moment-là qu’il y a un risque de défaillance », a expliqué John Moura, directeur des analyses de fiabilité de la NERC.
Le Southwest Power Pool (SPP), qui dessert des États comme le Nebraska, le Nouveau-Mexique ou le Montana, pourrait souffrir d’une production éolienne insuffisante, tandis que le réseau du Midwest (MISO) pourrait manquer d’offre, après l’arrêt de près de 1 600 mégawatts de centrales thermiques depuis l’été dernier. La Nouvelle-Angleterre figure également parmi les régions à risque élevé de déséquilibre entre l’offre et la demande.
Au total, plus de 7 gigawatts de capacités fossiles ont été retirés du service au cours de l’année écoulée, tandis que 30 gigawatts de solaire et 13 gigawatts de stockage par batterie ont été ajoutés. Mais cette transformation rapide du mix énergétique nécessite également une modernisation urgente des infrastructures. « À mesure que la demande augmente, nous devons construire des infrastructures », a insisté John Moura, appelant les autorités à investir dans de nouvelles lignes de transmission et de production pour éviter les pénuries estivales.