Réouverture de Rafah - premiers passages sous contrôle strict et longues attentes à la frontière de Gaza (AP)
Réouverture de Rafah - premiers passages sous contrôle strict et longues attentes à la frontière de Gaza (AP)

La réouverture par Israël du point de passage de Rafah, unique voie piétonne reliant la bande de Gaza à l’Égypte, s’est accompagnée lundi de fortes restrictions et de retards, malgré l’importance symbolique et humanitaire de cette étape du cessez-le-feu. Des dizaines de Palestiniens devaient pouvoir entrer ou sortir de l’enclave, mais la circulation est restée lente tout au long de la journée.

Fermé pendant l’essentiel de la guerre, le passage de Rafah a rouvert en milieu de matinée pour les entrées et sorties, selon un responsable israélien. Une source palestinienne a indiqué qu’une cinquantaine de personnes étaient attendues le premier jour. Cinq patients, chacun accompagné de deux proches, ont été acheminés côté gazaoui sous escorte de l’Organisation mondiale de la santé afin de recevoir des soins à l’étranger.

En pratique, les premiers voyageurs n’avaient toujours pas achevé la traversée en milieu d’après-midi. Des sources palestiniennes ont attribué ces lenteurs aux contrôles de sécurité israéliens, l’armée n’ayant pas commenté. « Ce point de passage est vital pour Gaza, il est vital pour nous, les patients », a témoigné Moustafa Abdel Hadi, 32 ans, dialysé à l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa et parmi les quelque 20 000 Gazaouis en attente d’une évacuation médicale.

Israël a pris le contrôle de Rafah en mai 2024, neuf mois après le début de la guerre, et l’a maintenu largement fermé depuis, à l’exception d’une brève période lors d’une trêve début 2025. Sa réouverture faisait partie des engagements de la première phase du cessez-le-feu conclu en octobre sous médiation américaine, dans le cadre d’un plan visant à mettre fin aux combats entre Israël et le Hamas.

Les conditions d’accès restent strictes. Les Palestiniens doivent obtenir une autorisation des services de sécurité israéliens et franchir plusieurs points de contrôle, dont un géré par l’Autorité palestinienne sous supervision européenne mais contrôlé à distance par Israël. Des murs en béton et des barbelés ont été installés autour du passage, selon des sources égyptiennes, tandis que Le Caire affirme ne pas vouloir d’un exode massif.

Parallèlement, les journalistes étrangers demeurent interdits d’entrée à Gaza, malgré la réouverture de Rafah. Les reportages pour les médias internationaux continuent d’être assurés par des journalistes locaux. Sur le terrain, la situation reste volatile : alors même que la frontière rouvrait, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts lundi dans la bande de Gaza. La suite du plan prévoit des négociations sur la gouvernance et la reconstruction de l’enclave, une perspective que beaucoup jugent encore incertaine au regard des désaccords persistants et de la reprise possible des hostilités.

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