Le président colombien Gustavo Petro a appelé dimanche la population à célébrer la période de Noël sans céder à la peur, après l’annonce par la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) d’une grève armée dans plusieurs régions du pays.
Le chef de l’État a réagi à la diffusion d’un communiqué de l’ELN annonçant une grève armée débutant dimanche et devant se poursuivre jusqu’à mercredi matin. Ce type d’action implique généralement le confinement forcé des civils, la suspension des transports et des activités commerciales, ainsi que la fermeture des écoles, sous la menace de représailles contre ceux qui ne respecteraient pas les consignes.
Le groupe rebelle a justifié cette décision en dénonçant un « plan de contre-insurrection » mené contre lui et ce qu’il qualifie d’« agression impérialiste », en référence aux menaces du président américain Donald Trump d’étendre les frappes militaires dans la région. L’ELN a appelé les habitants de plusieurs grandes villes, dont Bogota, Medellin et Cali, à éviter les installations de la police et de l’armée, et a demandé aux entreprises de transport public et aux commerces de suspendre leurs activités.
« Ce ne sont pas des menaces contre Trump, ce sont des menaces contre la Colombie », a déclaré Gustavo Petro. Il a affirmé avoir ordonné aux forces de sécurité de mener des opérations contre l’ELN et a exhorté les Colombiens à ne pas se laisser intimider. « La peur nous paralyse, et nous n’accepterons pas d’être menacés, ni par des puissances étrangères ni par des narcotrafiquants déguisés en révolutionnaires », a-t-il ajouté.
Depuis le début du mois de septembre, l’armée américaine a mené des frappes contre des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue vers les États-Unis, opérations qui se sont étendues de la mer des Caraïbes à l’océan Pacifique. Début décembre, Donald Trump a évoqué la possibilité de viser des pays de la région, dont la Colombie.
Gustavo Petro a critiqué ces opérations, les qualifiant de « meurtres » et mettant en cause l’usage qu’il juge disproportionné de la force. Les relations avec l’ELN restent par ailleurs profondément dégradées : en janvier, le président colombien avait suspendu les négociations de paix avec la guérilla après des attaques meurtrières dans la région du Catatumbo, dans le nord-est du pays.