Paris et Londres misent sur un « bateau-taxi » pour endiguer les traversées record de migrants vers le Royaume-Uni
Paris et Londres misent sur un « bateau-taxi » pour endiguer les traversées record de migrants vers le Royaume-Uni

Face à l’augmentation sans précédent des traversées de la Manche par des migrants, la France et le Royaume-Uni testent un nouveau dispositif controversé : un service maritime surnommé le « bateau-taxi », destiné à intercepter les embarcations en mer et à ramener leurs passagers vers les côtes françaises. Ce projet, qui pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise migratoire entre les deux pays, est présenté comme un outil dissuasif face à des réseaux de passeurs de plus en plus actifs.

D’après des sources proches du dossier, la police française pourrait être autorisée, dans le cadre de cette expérimentation, à intervenir directement en mer afin de stopper les canots surchargés avant qu’ils n’entrent dans les eaux territoriales britanniques. Jusqu’à présent, Paris avait toujours refusé d’opérer ce type d’interceptions, par crainte de mettre en danger la vie des migrants ou de violer le droit maritime international.

Le projet, soutenu par les gouvernements de Rishi Sunak et d’Emmanuel Macron, vise à freiner les départs qui se poursuivent malgré les efforts conjoints pour renforcer les contrôles sur le littoral français. Plus de 27 000 personnes ont déjà tenté la traversée en 2025, un record à cette période de l’année, selon les autorités britanniques.

Ce nouveau mécanisme serait fondé sur le principe du « retour rapide » : les migrants interceptés à bord de petites embarcations seraient récupérés en mer par un navire français, qui les reconduirait aussitôt sur le rivage. Les responsables britanniques espèrent qu’en rendant la traversée inefficace, voire impossible, le système découragera de futurs départs.

Mais cette initiative soulève déjà de vives critiques. Des ONG et juristes s’inquiètent d’un risque accru pour la sécurité des migrants, dont beaucoup prennent la mer dans des conditions extrêmement précaires. Certains redoutent également que ce dispositif ne contourne les obligations internationales de protection des réfugiés, notamment le droit d’asile et le principe de non-refoulement.

Paris et Londres assurent de leur côté que toutes les opérations seront menées dans le respect du droit international, et que la priorité restera la sauvegarde des vies humaines. La réussite de ce projet pilote pourrait déterminer l’avenir de la coopération franco-britannique sur la gestion migratoire, à un moment où la pression politique ne cesse de croître des deux côtés de la Manche.

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