Nucléaire iranien : vers un dialogue indirect entre Washington et Téhéran sous l’égide d’Oman
Nucléaire iranien : vers un dialogue indirect entre Washington et Téhéran sous l’égide d’Oman

Alors que Donald Trump affirmait lundi avoir entamé des discussions « directes » avec l’Iran sur son programme nucléaire, Téhéran a tenu à rectifier. Le ministère iranien des Affaires étrangères a précisé ce mardi 8 avril qu’il s’agira en réalité de pourparlers indirects de haut niveau, programmés samedi à Oman, entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff. Un désaccord sur la forme qui reflète les tensions persistantes entre les deux pays, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques officielles depuis 1980.

Ce nouveau round de discussions survient dans un contexte d’escalade régionale et de méfiance accrue. Donald Trump, en recevant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, a évoqué une « très grande réunion » à venir, et mis en garde : « L’Iran est en grand danger si les discussions échouent ». Il espère un nouvel accord nucléaire, « différent et beaucoup plus robuste » que celui de 2015, dont il avait retiré les États-Unis en 2018. Téhéran, de son côté, temporise : « La balle est dans le camp de l’Amérique », a déclaré Abbas Araghchi sur X.

Le retour d’un canal diplomatique, sous haute tension

Historiquement, Oman joue le rôle d’intermédiaire discret entre les États-Unis et l’Iran. Si Trump tente aujourd’hui un retour à la table des négociations, c’est aussi en réaction à l’intensification des activités nucléaires iraniennes et aux avertissements pressants d’Israël, qui exige un démantèlement « complet » des capacités atomiques de la République islamique. Netanyahou, en visite à Washington, a rappelé que l’Iran ne devait « jamais » produire d’arme nucléaire, et a évoqué l’exemple libyen comme modèle de démantèlement.

En parallèle, Trump n’a pas accédé à la demande de Netanyahou d’être exempté des nouveaux droits de douane américains. Ce dernier est reparti sans concession, malgré l’engagement d’Israël à supprimer ses propres taxes sur certains produits américains. Enfin, les deux dirigeants ont évoqué un possible nouveau cessez-le-feu avec le Hamas pour tenter d’obtenir la libération des derniers otages israéliens retenus dans la bande de Gaza.

À quelques mois de la présidentielle américaine, Donald Trump cherche manifestement à reprendre la main sur un dossier diplomatique explosif, qui pourrait renforcer son image de négociateur international. Mais entre annonces spectaculaires, méfiance iranienne et position inflexible d’Israël, la route vers un accord semble semée d’embûches.

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