Nouvelle-Zélande - l’auteur de la fusillade de Christchurch affirme que des troubles mentaux l’ont poussé à plaider coupable (AP)
Nouvelle-Zélande - l’auteur de la fusillade de Christchurch affirme que des troubles mentaux l’ont poussé à plaider coupable (AP)

L’auteur de la fusillade qui a coûté la vie à 51 fidèles musulmans dans deux mosquées de Christchurch a déclaré devant un tribunal néo-zélandais que des problèmes de santé mentale l’avaient contraint à plaider coupable, selon des médias locaux. Brenton Tarrant, suprémaciste blanc condamné à la prison à perpétuité incompressible, conteste aujourd’hui la validité de son aveu dans le cadre d’une procédure en cours.

Selon ses déclarations, les conditions de détention difficiles qu’il a subies auraient affecté son état psychologique au point de le rendre « irrationnel » au moment où il a reconnu sa culpabilité. La cour doit désormais déterminer s’il était mentalement apte à plaider coupable lors de l’audience qui avait précédé sa condamnation, un examen qui pourrait rouvrir un volet sensible d’une affaire parmi les plus marquantes de l’histoire judiciaire du pays.

Les attentats, perpétrés en 2019 dans deux mosquées de Christchurch, avaient suscité une onde de choc internationale et conduit les autorités néo-zélandaises à durcir rapidement la législation sur les armes à feu. La condamnation de Brenton Tarrant avait alors été saluée comme une réponse ferme face à l’extrémisme violent, même si elle n’avait pas mis fin à la douleur des familles endeuillées.

Dans le cadre de la procédure actuelle, le tribunal devra évaluer des éléments médicaux et psychologiques afin de déterminer si l’accusé disposait de toutes ses capacités mentales lors de son plaidoyer de culpabilité. Cette étape est cruciale, car elle conditionne la recevabilité de toute tentative visant à remettre en cause la condamnation initiale.

Les familles des victimes ont exprimé leur frustration face à cette nouvelle étape judiciaire. Pour beaucoup, la perspective de voir l’affaire replongée dans les débats judiciaires ravive un traumatisme jamais refermé et nourrit le sentiment que la procédure accorde une attention excessive à l’auteur des crimes au détriment des victimes.

Les autorités judiciaires n’ont pas indiqué à ce stade quand une décision pourrait être rendue. Quelle que soit l’issue, cette démarche relance le débat en Nouvelle-Zélande sur la prise en compte de la santé mentale dans les procédures pénales, notamment dans les affaires de terrorisme, tout en ravivant les blessures d’un drame qui continue de marquer profondément le pays.

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