Au moins 30 villageois tués lors d’une attaque armée dans le nord du Nigeria
Au moins 30 villageois tués lors d’une attaque armée dans le nord du Nigeria

L’espoir d’un retour au calme a été brutalement douché dans le nord du Nigeria. À Doma, une ville de l’État de Katsina, un accord conclu il y a six mois entre les autorités locales et des hommes armés s’est effondré après une attaque sanglante qui a coûté la vie à au moins 21 personnes, selon des habitants et des responsables locaux.

En septembre dernier, les dirigeants communautaires de Doma, confrontés à des années de violences, avaient décidé de négocier directement avec des bandits opérant dans la région. L’objectif était simple : mettre fin aux raids, aux enlèvements et aux pillages afin de permettre aux habitants de reprendre leurs activités agricoles en toute sécurité.

Pendant plusieurs mois, la trêve a semblé tenir. Les attaques ont diminué et certains agriculteurs ont recommencé à cultiver leurs terres. Mais le 3 février, des hommes armés identifiés comme appartenant au même groupe sont revenus, lançant un assaut coordonné contre la ville. Selon des survivants, ils ont ouvert le feu de maison en maison, provoquant un carnage et semant la panique parmi la population.

L’attaque a mis en lumière la fragilité de ces accords locaux, de plus en plus fréquents dans le nord du Nigeria, où les communautés tentent de pallier l’insuffisance de la protection étatique. Dans l’État de Katsina, comme dans d’autres régions du nord-ouest, les groupes armés – souvent qualifiés de « bandits » – mènent des raids pour voler du bétail, enlever des civils contre rançon ou s’emparer de ressources.

Des responsables locaux ont reconnu que ces pactes, conclus sans cadre légal ni garanties solides, exposaient les populations à de graves risques. « Lorsqu’un accord repose uniquement sur la parole d’hommes armés, il peut s’effondrer à tout moment », a confié un élu sous couvert d’anonymat.

Les autorités nigérianes affirment intensifier les opérations militaires dans la région, mais les habitants redoutent de nouvelles représailles. Pour beaucoup, l’attaque de Doma illustre la complexité et la brutalité d’un conflit local où la recherche de la paix passe parfois par des compromis précaires, aux conséquences potentiellement dévastatrices.

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