Cinq hommes soupçonnés d’avoir participé à l’attaque meurtrière de l’église catholique Saint-François, à Owo, dans le sud-ouest du Nigeria, en juin 2022, ont comparu lundi devant un tribunal fédéral à Abuja. Ils sont accusés d’avoir ouvert le feu et lancé des explosifs sur les fidèles pendant la messe du dimanche, tuant des dizaines de personnes et blessant de nombreux autres.
Lors de cette première audience, les accusés ont plaidé non coupables des charges de terrorisme, de meurtre et de possession illégale d’armes à feu. Selon les autorités, certains d’entre eux seraient liés au groupe islamiste somalien Al Shabaab, une connexion qui, si elle est confirmée, renforcerait les inquiétudes quant à l’extension de réseaux terroristes transnationaux en Afrique de l’Ouest.
Le procès, qui doit reprendre le 19 août, est considéré comme un test de la capacité du système judiciaire nigérian à traiter efficacement des affaires complexes de terrorisme. Les observateurs soulignent que ce dossier sera scruté de près, tant pour la rigueur de l’enquête que pour le respect des droits des accusés, dans un pays souvent critiqué pour la lenteur et les failles de ses procédures judiciaires.
L’attaque de l’église d’Owo, survenue le 5 juin 2022, avait choqué le pays et suscité une vive condamnation internationale. Les assaillants avaient ciblé un lieu de culte situé dans une région jusque-là relativement épargnée par les violences djihadistes, marquant un tournant inquiétant dans la propagation de l’insécurité au Nigeria.
Le gouvernement affirme vouloir que justice soit rendue pour les victimes et leurs familles, tout en s’engageant à renforcer les dispositifs de sécurité pour prévenir de nouvelles attaques contre les lieux de culte et les rassemblements publics.