La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a évoqué une piste diplomatique pour tenter de débloquer le détroit d’Ormuz, en s’inspirant de l’accord ayant permis l’exportation de céréales ukrainiennes via la mer Noire malgré la guerre.
Lors d’échanges avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, Kallas a proposé d’explorer la mise en place d’un mécanisme similaire garantissant la sécurité des navires civils transportant du pétrole et du gaz dans cette zone stratégique.
L’initiative de la mer Noire, conclue pendant le conflit en Ukraine, avait permis de sécuriser des couloirs maritimes pour les exportations agricoles ukrainiennes, en assurant que les navires marchands ne soient pas pris pour cible. L’Union européenne envisage désormais d’adapter ce modèle au contexte du Golfe.
Le détroit d’Ormuz est actuellement fortement perturbé par la guerre impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël. Les attaques de drones, de missiles et la présence de mines navales ont considérablement réduit le trafic maritime, mettant en péril une part essentielle des flux énergétiques mondiaux.
Du côté des Nations unies, un porte-parole a confirmé que cette idée faisait l’objet de discussions, tout en soulignant la complexité du dossier. « Les enjeux sont trop importants », a-t-il indiqué, précisant que l’organisation continuerait à travailler « discrètement » sur d’éventuelles solutions.
Antonio Guterres doit se rendre à Bruxelles pour poursuivre ces discussions avec les responsables européens, dans un contexte d’urgence marqué par la flambée des prix de l’énergie et les risques de perturbations prolongées de l’approvisionnement mondial.
Si elle venait à aboutir, une telle initiative pourrait constituer une tentative majeure de désescalade économique, en sécurisant les flux énergétiques sans nécessiter d’engagement militaire direct des puissances occidentales dans la région.