L’Iran a averti plusieurs pays voisins accueillant des forces américaines qu’il pourrait viser des bases militaires des États-Unis si Washington décidait d’intervenir face aux manifestations qui secouent le pays, selon un haut responsable iranien cité par des sources diplomatiques. Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions extrêmes, alors que le pouvoir iranien fait face à l’un des mouvements de contestation les plus importants de ces dernières années.
Selon plusieurs diplomates, certains membres du personnel ont été invités à quitter la base aérienne américaine d’Al Udeid, au Qatar, un site clé pour les opérations américaines au Moyen-Orient. Ces départs sont décrits comme un ajustement de posture plutôt qu’une évacuation massive, aucun mouvement important de troupes n’ayant été observé à ce stade.
Les déclarations du président américain Donald Trump ont contribué à l’escalade. Ces derniers jours, il a publiquement menacé d’intervenir pour soutenir les manifestants iraniens et a évoqué des « mesures très fermes » en cas d’exécutions. Une évaluation israélienne estime que Washington a pris la décision d’intervenir, même si le calendrier et l’ampleur de cette action restent incertains.
Selon le responsable iranien, Iran a prévenu plusieurs États de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie, que toute attaque américaine contre Téhéran entraînerait des représailles directes contre les bases américaines situées sur leur territoire. L’Iran aurait également demandé à ces pays de faire pression sur Washington pour empêcher une intervention.
Dans le même temps, les contacts directs entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff ont été suspendus, illustrant la détérioration rapide des canaux de communication. Les États-Unis disposent de forces importantes dans la région, notamment au Qatar et à Bahreïn, ce qui accroît les risques d’une escalade régionale en cas d’action militaire.
Sur le terrain, la répression se poursuit en Iran. Des organisations de défense des droits humains font état de plusieurs milliers de morts et de dizaines de milliers d’arrestations depuis le début des manifestations, déclenchées par une grave crise économique. Les autorités iraniennes accusent les États-Unis et Israël d’attiser les troubles, tandis que des rassemblements de soutien au pouvoir ont également été organisés.
Cette crise survient alors que l’Iran se remet encore de la guerre de l’an dernier et que son influence régionale est fragilisée par les revers subis par certains de ses alliés. Les menaces croisées et les mouvements militaires limités observés ces derniers jours nourrissent les craintes d’un embrasement plus large du Moyen-Orient si aucune désescalade diplomatique n’intervient rapidement.