L’Iran envisage une reprise de la diplomatie nucléaire avec les États-Unis pour éviter une escalade (AP)
L’Iran envisage une reprise de la diplomatie nucléaire avec les États-Unis pour éviter une escalade (AP)

L’Iran examine les conditions d’une possible reprise prochaine des pourparlers avec les États-Unis sur son programme nucléaire, ont indiqué lundi des responsables iraniens, dans un contexte de fortes tensions régionales et de craintes d’un nouveau conflit au Moyen-Orient.

Selon des sources proches du dossier, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi pourraient se rencontrer dans les prochains jours en Turquie. Les deux camps ont récemment laissé entendre qu’ils étaient disposés à relancer la voie diplomatique après des mois d’impasse.

Les tensions se sont accrues après le renforcement de la présence navale américaine près de l’Iran, à la suite d’une répression violente de manifestations antigouvernementales le mois dernier. Le président américain Donald Trump a exigé de Téhéran des concessions majeures, tout en affirmant que l’Iran semblait « sérieux » dans ses discussions.

D’après des sources iraniennes, Washington poserait trois conditions à la reprise des négociations : l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium, des limites strictes au programme de missiles balistiques et la fin du soutien iranien à des groupes armés régionaux. Téhéran a jusqu’à présent rejeté ces exigences, les qualifiant d’atteintes à sa souveraineté, tout en laissant entendre que le dossier des missiles constituait un obstacle plus sensible que celui de l’enrichissement.

Un responsable iranien a indiqué que son pays serait prêt à faire preuve de flexibilité sur l’enrichissement de l’uranium, notamment en livrant une partie de ses stocks ou en acceptant un enrichissement nul dans le cadre d’un consortium international, en échange d’une levée rapide des sanctions. L’Iran insiste toutefois sur l’absence de conditions préalables à toute reprise officielle des discussions.

Parallèlement, des images satellites récentes montrent des travaux de réparation sur plusieurs sites nucléaires iraniens, notamment à Ispahan et Natanz, ciblés lors de frappes américaines et israéliennes l’an dernier. Des analystes estiment que ces activités pourraient indiquer soit une remise en état limitée des installations, soit des préparatifs face à d’éventuelles frappes futures.

Après plusieurs cycles de négociations infructueuses depuis 2023, les désaccords persistent sur des points clés, notamment le maintien de l’enrichissement sur le sol iranien et le sort des stocks d’uranium hautement enrichi. Les puissances occidentales craignent que ces activités ne puissent mener à la fabrication d’armes nucléaires, une accusation que l’Iran continue de rejeter, affirmant que son programme est strictement civil.

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