PALO ALTO – Le quotidien étudiant de l’université de Stanford a déposé mercredi une plainte fédérale contre l’administration Trump, accusant cette dernière d’avoir porté atteinte à la liberté d’expression des étudiants étrangers. Au cœur de cette affaire : des menaces d’expulsion présumées visant ceux qui publieraient des contenus jugés « anti-américains » ou « anti-israéliens ».
La plainte, déposée devant un tribunal fédéral en Californie, vise le secrétaire d’État Marco Rubio et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem. Selon les plaignants, ces menaces auraient eu un effet dissuasif sur les étudiants internationaux, les poussant à l’autocensure par crainte d’être arrêtés, détenus ou expulsés du territoire américain. Deux étudiants étrangers non identifiés se sont joints à la poursuite en tant que co-plaignants anonymes.
Le Stanford Daily affirme que ces politiques auraient empêché de nombreux étudiants de contribuer librement à la couverture du conflit israélo-palestinien, notamment dans le contexte des récents événements survenus à Gaza et dans les universités américaines. Selon le journal, ce climat de peur a étouffé des débats pourtant cruciaux sur les droits humains, la politique étrangère et les libertés civiles.
L’administration Trump, de retour au pouvoir depuis janvier 2025, a multiplié les avertissements à l’encontre des institutions universitaires, accusées de tolérer ou même d’encourager un prétendu « antisémitisme déguisé en activisme pro-palestinien ». Plusieurs universités, dont Stanford, ont été explicitement ciblées dans les discours officiels et les directives émises par le Département d’État.
Dans leur plainte, les plaignants invoquent le Premier amendement de la Constitution américaine, garantissant la liberté d’expression, et affirment que les mesures du gouvernement violent également les protections accordées aux étudiants étrangers en vertu de leur statut migratoire légal.
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le Département d’État ni par le Département de la Sécurité intérieure concernant cette procédure. Le procès pourrait néanmoins avoir des implications majeures sur les politiques migratoires en milieu universitaire et sur la liberté de la presse étudiante dans le pays.