Le groupe djihadiste État islamique a revendiqué l’attaque menée contre l’aéroport international de Niamey, la capitale du Niger, selon un communiqué diffusé vendredi et relayé par le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans la surveillance des communications djihadistes.
L’attaque a débuté mercredi soir et s’est poursuivie pendant plusieurs heures, mêlant tirs d’armes à feu et explosions, avant que le calme ne soit rétabli jeudi matin. Le ministère nigérien de la Défense a indiqué que les assaillants étaient arrivés à moto et avaient été rapidement repoussés par les forces de sécurité, au prix de combats ayant fait quatre soldats blessés.
Les autorités ont précisé que les dégâts matériels comprenaient l’incendie d’un dépôt de munitions et des dommages causés à plusieurs avions civils stationnés à l’aéroport. Le Niger affirme avoir tué 20 assaillants et en avoir blessé 11, un bilan que Reuters n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante. Le groupe État islamique n’a, de son côté, fourni aucun chiffre sur les pertes.
Dans son communiqué, l’organisation a qualifié l’opération « d’attaque surprise et coordonnée », affirmant qu’elle avait infligé des « dégâts importants », sans donner davantage de détails sur la nature ou l’ampleur de ces dommages.
Le chef militaire du Niger, Abdourahamane Tiani, a accusé jeudi les présidents français, béninois et ivoirien d’avoir commandité l’attaque, sans présenter de preuves à l’appui, et a promis des représailles. Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« inepties ».
Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé au Niger. La branche régionale de l’État islamique a été liée à plusieurs attentats récents dans le pays, notamment dans la région de Tillabéri, où des violences ont fait plus de 120 morts en septembre dernier, ainsi qu’à l’enlèvement d’un pilote américain en octobre.
À l’instar de ses voisins sahéliens, le Mali et le Burkina Faso, le Niger peine à contenir les violences menées par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces attaques ont provoqué des milliers de morts et déplacé des millions de personnes à travers la région ces dernières années.