La police espagnole a annoncé vendredi l’arrestation de treize personnes soupçonnées d’appartenir à la première cellule du réseau criminel vénézuélien Tren de Aragua identifiée sur le territoire espagnol. Les interpellations ont eu lieu lors d’une vaste opération menée simultanément dans cinq villes : Madrid, Barcelone, Gérone, Valence et La Corogne.
Né dans les prisons du Venezuela, le Tren de Aragua est considéré comme l’un des groupes criminels les plus violents d’Amérique latine. Son influence s’étend aujourd’hui bien au-delà des frontières régionales, avec des activités liées au trafic de drogue, à la traite d’êtres humains, à l’extorsion et au blanchiment d’argent. Cette année, les États-Unis ont inscrit le réseau sur leur liste des organisations terroristes mondiales, soulignant la menace transnationale qu’il représente.
Selon la police espagnole, l’opération visait à démanteler une structure en pleine expansion cherchant à implanter durablement le Tren de Aragua en Europe. Les enquêteurs ont saisi des drogues de synthèse, de la cocaïne, une plantation de marijuana et deux laboratoires de production de « tusi », également appelé « cocaïne rose », une drogue prisée dans les milieux festifs et souvent associée à ce cartel.
Les autorités espagnoles soupçonnent que le gang a tenté d’exploiter la forte communauté vénézuélienne installée en Espagne pour développer ses réseaux logistiques et ses filières de recrutement. Cette opération fait suite à l’arrestation, en 2024 à Barcelone, du frère du chef présumé de l’organisation, accusé d’avoir préparé l’expansion du groupe dans le pays.
Les perquisitions, coordonnées par les forces de sécurité intérieure et les unités antidrogue, s’inscrivent dans un effort plus large de coopération internationale visant à endiguer la présence croissante de réseaux criminels latino-américains en Europe. La police espagnole a salué une « avancée majeure » dans la lutte contre l’importation de la violence et des structures mafieuses du Tren de Aragua sur le continent.