Les scientifiques atomistes avancent l’horloge de l’apocalypse plus près que jamais de minuit AP
Les scientifiques atomistes avancent l’horloge de l’apocalypse plus près que jamais de minuit

Les scientifiques atomistes ont avancé mardi leur célèbre « horloge de l’apocalypse » à un niveau jamais atteint, la plaçant à 85 secondes avant minuit, seuil symbolique représentant une catastrophe mondiale. C’est quatre secondes de moins que l’an dernier, signe d’une aggravation des risques pesant sur l’humanité.

Créée en 1947 par le Bulletin des scientifiques atomistes, en pleine guerre froide, cette horloge vise à alerter le public sur les dangers existentiels provoqués par les activités humaines. Selon l’organisation, les facteurs ayant conduit à ce nouvel ajustement incluent l’affaiblissement du contrôle des armements nucléaires, la poursuite de conflits majeurs comme ceux en Ukraine et au Moyen-Orient, les tensions entre grandes puissances, ainsi que les menaces croissantes liées au changement climatique et à l’intelligence artificielle.

Les scientifiques pointent notamment le comportement jugé de plus en plus agressif des États-Unis, de la Russie et de la Chine, toutes puissances nucléaires. Ils s’inquiètent aussi de l’intégration insuffisamment encadrée de l’IA dans les systèmes militaires, de son potentiel d’utilisation dans le domaine biologique et de son rôle dans la diffusion massive de la désinformation.

« L’horloge de l’apocalypse reflète une défaillance mondiale du leadership », a déclaré Alexandra Bell, présidente-directrice générale du Bulletin, estimant que la montée du nationalisme et du néo-impérialisme accélère les risques de catastrophe. Selon elle, « en matière de risques nucléaires, rien n’a évolué favorablement en 2025 ».

Parmi les éléments de préoccupation figurent la guerre menée par la Russie en Ukraine, les tensions persistantes en Asie autour de Taïwan et de la péninsule coréenne, ainsi que l’expiration imminente du traité New START, dernier accord majeur de limitation des armes nucléaires entre Washington et Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a proposé une prolongation temporaire du respect de ses limites, proposition à laquelle le président américain Donald Trump n’a pas encore officiellement répondu.

Les scientifiques rappellent également que la perspective d’une reprise des essais nucléaires, interrompus depuis plus de trente ans par la plupart des puissances, constituerait un dangereux précédent, susceptible d’alimenter une nouvelle course aux armements.

En avançant l’horloge à un niveau aussi critique, le Bulletin souhaite lancer un avertissement clair : sans coopération internationale renforcée et sans décisions politiques courageuses, le monde se rapproche dangereusement d’un point de non-retour.

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