Des conseillers en sécurité et des agents cubains commencent à quitter le Venezuela, marquant un reflux notable de la présence de forces de sécurité de Cuba dans le pays, ont rapporté plusieurs sources proches du dossier à l’agence Reuters. Ce mouvement intervient alors que le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez fait face à une pression croissante de Washington pour démanteler l’alliance de longue date entre Caracas et La Havane.
Ce retrait concerne des conseillers en sécurité, des médecins et des personnels intégrés historiquement à l’appareil de défense vénézuélien, y compris à la puissante Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM), et marque un changement stratégique après des décennies de coopération étroite entre Cuba et les gouvernements chavistes. Alors que l’ex-président Nicolas Maduro, comme son prédécesseur Hugo Chávez, s’appuyait sur des forces d’élite cubaines pour sa sécurité personnelle, Mme Rodríguez aurait désormais confié sa protection à des gardes du corps vénézuéliens, selon plusieurs sources.
Plusieurs conseillers cubains ont été écartés de leurs fonctions au sein de la DGCIM, et des vols réguliers entre le Venezuela et Cuba ont été observés ces dernières semaines, ramenant sur l’île des agents et des médecins. Une source proche du parti au pouvoir a indiqué que ces départs avaient été ordonnés par Delcy Rodríguez en réponse aux pressions américaines, même si d’autres sources n’ont pas précisé si les Cubains partaient de leur propre initiative, sur instruction de La Havane, ou sous la contrainte des nouvelles autorités vénézuéliennes.
Ce retrait survient dans un contexte de forte tension régionale, après une opération militaire américaine le 3 janvier dernier qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro, au cours de laquelle 32 membres des forces cubaines ont été tués, selon La Havane. Cette présence militaire et de renseignement cubaine avait été un pilier du maintien du pouvoir chaviste depuis les années 2000, les agents étant profondément intégrés au sein des forces armées et des services de sécurité vénézuéliens.
La décision d’écarter les conseillers cubains de postes clés, notamment dans les unités de contre-espionnage et de protection présidentielle, n’avait pas été rapportée auparavant et pourrait signaler un réalignement tactique de la part de l’actuelle direction vénézuélienne pour apaiser les relations avec Washington. Malgré des déclarations publiques affirmant la continuité des liens de coopération avec Cuba, ce retrait progressif indique une réorientation potentielle de la politique intérieure et de sécurité du Venezuela dans un contexte de pressions externes soutenues.