Les forces de l’État syrien se déploient à Hassaké, ville kurde, dans le cadre d’un cessez-le-feu soutenu par Washington (AP)
Les forces de l’État syrien se déploient à Hassaké, ville kurde, dans le cadre d’un cessez-le-feu soutenu par Washington (AP)

Les forces de sécurité du gouvernement syrien se sont déployées lundi dans la ville de Hassaké, dans le nord-est du pays, contrôlée jusqu’ici par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde. Il s’agit de la première étape concrète de la mise en œuvre d’un accord de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis, visant à réintégrer les régions kurdes sous l’autorité de Damas.

Des journalistes ont observé un convoi de plus de 30 véhicules du ministère syrien de l’Intérieur pénétrer dans cette ville multiethnique, tandis que les forces de sécurité kurdes Asayish surveillaient l’opération. Selon des sources syriennes et kurdes, ces forces gouvernementales doivent être stationnées dans des bâtiments officiels situés dans une zone dite de sécurité à Hassaké.

L’accord, annoncé vendredi, a permis d’éviter une nouvelle confrontation armée entre le gouvernement du président Ahmed al-Charia et les FDS, qui ont perdu en janvier de larges portions de territoires dans l’est et le nord du pays au profit des troupes gouvernementales. Washington a salué cet accord comme une étape historique vers l’unité nationale et la réconciliation après quatorze années de guerre civile.

Le texte prévoit une intégration progressive des combattants kurdes au sein des forces gouvernementales syriennes, ainsi que la fusion des institutions administratives des zones contrôlées par les FDS avec celles de l’État. Une nouvelle division militaire devrait être créée, incluant trois brigades issues des FDS, ainsi qu’une brigade stationnée à Kobané (Aïn al-Arab), qui serait rattachée au gouvernorat d’Alep.

Selon la télévision d’État syrienne, des forces de sécurité ont également commencé à se déployer dans les zones rurales proches d’Aïn al-Arab, tandis qu’un convoi de 20 camions d’aide humanitaire est entré dans la ville. Les FDS avaient été pendant des années le principal allié de Washington dans la lutte contre l’État islamique, mais leur position s’est fragilisée après le rapprochement entre les États-Unis et le pouvoir central syrien.

Le commandant des FDS, Mazloum Abdi, a précisé que l’accord autorisait l’entrée d’un nombre limité de forces gouvernementales dans les zones de sécurité de Hassaké et de Qamichli, leur rôle étant strictement administratif et lié au suivi du processus d’intégration. Il a affirmé que les villages et villes kurdes resteraient administrés par leurs habitants et les forces locales.

Toutefois, des analystes soulignent que des divergences subsistent entre les deux parties sur les modalités concrètes de cette intégration. Selon l’International Crisis Group, l’ampleur de l’autonomie conservée par les FDS et le degré de contrôle exercé par Damas seront déterminants pour la stabilité du nord-est syrien, dans un contexte encore marqué par la méfiance des minorités après les violences intercommunautaires de l’année passée.

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