Les États-Unis paient des Afghans bloqués au Qatar pour qu'ils soient rapatriés ; ce plan est qualifié de « trahison » (AP)
Les États-Unis paient des Afghans bloqués au Qatar pour qu'ils soient rapatriés ; ce plan est qualifié de « trahison » (AP)

Le département d’État américain a commencé à verser des aides financières à des ressortissants afghans bloqués au Qatar afin qu’ils acceptent d’être rapatriés, dans le cadre d’un plan visant à fermer un camp de transit ouvert après l’évacuation chaotique de Kaboul en 2021.

Selon un responsable américain cité par Reuters, environ 150 Afghans auraient accepté ces paiements pour retourner dans leur pays. Les autorités américaines cherchent à mettre fin aux opérations dans ce centre, installé après la prise de pouvoir des talibans, où des milliers d’Afghans avaient été transférés en attente de réinstallation dans des pays tiers.

Des élus démocrates ont vivement critiqué l’initiative, qualifiant ces paiements d’encouragement à « l’auto-déportation » et dénonçant un abandon de personnes qui avaient collaboré avec les États-Unis ou qui craignaient des représailles. Plusieurs défenseurs des droits des réfugiés estiment que ces retours pourraient exposer les intéressés à des risques sécuritaires importants, compte tenu de la situation en Afghanistan.

Le département d’État défend pour sa part une mesure volontaire, affirmant que les bénéficiaires sont informés des conditions et qu’aucune pression n’est exercée. Les autorités américaines cherchent parallèlement à accélérer les procédures pour ceux qui restent éligibles à une réinstallation, mais reconnaissent que les options vers des pays tiers demeurent limitées et incertaines.

La fermeture du camp au Qatar s’inscrit dans un effort plus large de l’administration américaine pour clore les chapitres logistiques encore ouverts depuis le retrait d’Afghanistan, un dossier politiquement sensible à l’approche d’échéances électorales aux États-Unis.

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