Le Venezuela ouvre une enquête contre Bukele pour mauvais traitements présumés de détenus vénézuéliens
Le Venezuela ouvre une enquête contre Bukele pour mauvais traitements présumés de détenus vénézuéliens

Le gouvernement vénézuélien a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête contre le président salvadorien Nayib Bukele et d’autres hauts responsables de son administration, en lien avec des allégations de mauvais traitements infligés à des détenus vénézuéliens incarcérés au Salvador. Cette décision marque une escalade diplomatique entre les deux pays, sur fond d’accusations de violations des droits humains.

Selon les autorités de Caracas, plus de 250 ressortissants vénézuéliens détenus au Salvador ont récemment été rapatriés. Nombre d’entre eux affirment avoir été soumis à des conditions de détention inhumaines, notamment des violences physiques, une absence de soins médicaux et une détention prolongée sans jugement dans des établissements à la réputation inquiétante, dont la tristement célèbre prison de Tecoluca, souvent qualifiée de « méga-prison ».

Plusieurs Vénézuéliens expulsés des États-Unis auraient également été transférés dans cette même prison salvadorienne, alimentant la colère des autorités vénézuéliennes, qui accusent le Salvador d’avoir agi en violation des normes internationales relatives au traitement des détenus. Caracas affirme que ces actes constituent de graves atteintes aux droits de l’homme et appelle à des explications officielles.

Dans un communiqué, le parquet général du Venezuela a déclaré qu’une enquête formelle avait été ouverte pour établir les responsabilités dans ces faits présumés. Le président Bukele est explicitement visé, tout comme plusieurs membres de son gouvernement et responsables de la sécurité pénitentiaire. Le Venezuela a également sollicité le soutien d’organismes internationaux de défense des droits humains pour examiner les preuves fournies par les détenus libérés.

Cette annonce intervient alors que le gouvernement salvadorien continue de défendre sa politique de tolérance zéro à l’égard du crime organisé, qui a conduit à l’arrestation de plus de 80 000 personnes depuis 2022, souvent dans des conditions dénoncées par les ONG internationales. Le président Bukele, largement soutenu dans son pays, assure que ces mesures ont permis une baisse spectaculaire de la criminalité, au prix d’un durcissement sécuritaire assumé.

Les relations diplomatiques entre le Venezuela et le Salvador sont historiquement tendues, mais cette affaire pourrait les détériorer davantage. Caracas a averti qu’elle n’excluait pas de porter l’affaire devant les instances régionales ou internationales si aucune réponse satisfaisante n’était apportée par San Salvador.

Pour les familles des ex-détenus, la bataille est désormais judiciaire, mais aussi symbolique : obtenir réparation, reconnaissance et justice pour ceux qu’ils accusent d’avoir été maltraités et criminalisés à l’étranger.

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