Le Vatican met en garde les traditionalistes de la messe en latin : dialogue possible, mais pas de nouveaux évêques sans Rome (AP)
Le Vatican met en garde les traditionalistes de la messe en latin : dialogue possible, mais pas de nouveaux évêques sans Rome (AP)

Le Vatican a averti jeudi un groupe catholique traditionaliste dissident qu’il risquait un schisme s’il procédait à la consécration de nouveaux évêques sans le consentement papal. Cette mise en garde vise la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (SSPX), qui célèbre la messe traditionnelle en latin mais n’est pas en pleine communion avec Rome.

Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, a rencontré à Rome le supérieur général de la SSPX, l’abbé Davide Pagliarani. Cette entrevue faisait suite à l’annonce par la société, basée en Suisse, de son intention de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet sans autorisation pontificale. Le Vatican a proposé une nouvelle phase de dialogue théologique afin de régulariser le statut du groupe, à condition qu’il renonce à cette cérémonie.

La SSPX est en rupture avec Rome depuis 1988, lorsque son fondateur, l’archevêque Marcel Lefebvre, avait consacré quatre évêques sans mandat pontifical, invoquant la nécessité de préserver la tradition face aux réformes du Concile Vatican II. Le Saint-Siège avait alors prononcé l’excommunication de Lefebvre et des évêques concernés. Bien que certaines sanctions aient été levées par le pape Benoît XVI en 2009, la fraternité n’a toujours pas de statut canonique reconnu.

Pour Rome, l’autorisation papale pour la consécration d’évêques est un principe fondamental garantissant la succession apostolique. Une consécration sans mandat constituerait, selon le droit canonique, une rupture grave de la communion ecclésiale et entraînerait une excommunication automatique pour l’ordonnateur et les nouveaux évêques.

La SSPX, qui affirme compter deux évêques, plus de 700 prêtres et plusieurs centaines de religieux et séminaristes à travers le monde, estime que de nouvelles consécrations sont nécessaires pour assurer sa continuité. L’abbé Pagliarani a défendu cette décision comme « réaliste et raisonnable », tout en indiquant qu’il soumettrait la proposition du Vatican à ses conseillers pour décision prochaine.

Le pape Léon XIV, qui a explicitement approuvé la rencontre qualifiée de « cordiale et sincère » par le Vatican, a exprimé sa volonté d’apaiser les tensions autour de la messe en latin. Son prédécesseur, le pape François, avait restreint l’usage du rite ancien, estimant qu’il devenait source de division. Le dossier reste sensible : un éventuel refus de la SSPX de suspendre les consécrations pourrait ouvrir une nouvelle crise majeure au sein de l’Église catholique.

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