Le Pakistan annonce des frappes en Afghanistan après une vague d’attentats-suicides (AP)
Le Pakistan annonce des frappes en Afghanistan après une vague d’attentats-suicides (AP)

Le Pakistan a annoncé avoir mené des frappes transfrontalières contre des cibles militantes en Afghanistan, affirmant qu’une série récente d’attentats-suicides — y compris pendant le mois sacré du Ramadan — avait été planifiée par des combattants opérant depuis le territoire afghan. Islamabad affirme disposer de « preuves concluantes » établissant l’implication de groupes armés basés de l’autre côté de la frontière.

Dans un communiqué daté du 21 février et publié tôt dimanche, le ministère pakistanais concerné a indiqué que les attaques avaient été perpétrées par ceux qu’il qualifie de « Khwarij », terme employé par les autorités pour désigner les talibans pakistanais, agissant sous les instructions de « leurs dirigeants et responsables basés en Afghanistan ». Le gouvernement pakistanais affirme avoir conduit une opération ciblée fondée sur des renseignements précis contre sept camps et repaires appartenant aux talibans pakistanais ainsi qu’à l’organisation État islamique – Province du Khorasan, le long de la frontière.

Ces frappes constituent une escalade marquée des tensions entre Islamabad et l’Afghanistan dirigé par les talibans. Elles interviennent quelques jours après la libération par Kaboul de trois soldats pakistanais, dans le cadre d’une initiative négociée par l’Arabie saoudite visant à apaiser les tensions après des mois d’affrontements frontaliers dans cette région montagneuse et difficile d’accès.

Les autorités talibanes afghanes n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters. Kaboul a à plusieurs reprises nié autoriser des groupes armés à utiliser le territoire afghan pour mener des attaques au Pakistan. La frontière entre les deux pays est depuis longtemps le théâtre d’accusations croisées concernant la présence et l’activité de mouvements insurgés.

Selon Islamabad, les attaques récentes incluent notamment un attentat à la bombe contre une mosquée chiite à Islamabad. Les autorités pakistanaises accusent les groupes visés de chercher à déstabiliser le pays par des actions violentes ciblant des civils et des lieux de culte, alors que la région reste marquée par une insécurité persistante et des relations diplomatiques fragiles entre les deux voisins.

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