Le Liban interdit les actions militaires du Hezbollah après une attaque contre Israël
Le Liban interdit les actions militaires du Hezbollah après une attaque contre Israël

Le gouvernement libanais a annoncé lundi l’interdiction des activités militaires du Hezbollah, après que le mouvement chiite a lancé des tirs contre Israël en représailles à l’assassinat du guide suprême iranien. Cette décision marque un tournant majeur dans l’équilibre politique du pays et risque d’accentuer les tensions internes.

Selon les autorités libanaises, cette mesure vise à empêcher toute action armée non autorisée susceptible d’entraîner le Liban dans une nouvelle confrontation régionale. Le Premier ministre a exigé le désarmement du Hezbollah et la cessation immédiate de ses opérations militaires.

En réaction à une attaque de drone et de roquettes revendiquée par le Hezbollah, Israël a mené d’importantes frappes aériennes contre les banlieues sud de Beyrouth, bastion du mouvement, ainsi que dans d’autres régions du pays. Le ministère libanais de la Santé a fait état de 31 morts.

Les bombardements ont provoqué des scènes de panique, avec des habitants fuyant les zones visées, entraînant d’importants embouteillages sur les routes. Plusieurs secteurs avaient déjà été durement touchés lors de la guerre de 2024 entre Israël et le Hezbollah.

Le Hezbollah, fondé en 1982 avec le soutien des Gardiens de la révolution iraniens, a affirmé que son attaque visait à venger « le sang pur » du guide suprême iranien, tué lors de frappes américano-israéliennes, et à « défendre le Liban ».

Des analystes estiment que la décision du gouvernement constitue un moment « historique », reflétant l’affaiblissement du Hezbollah après les affrontements de 2024 et un rééquilibrage du pouvoir à Beyrouth. Ils préviennent toutefois qu’un affrontement interne reste possible si le mouvement refuse de se conformer à l’interdiction.

Le Liban, encore marqué par la guerre civile de 1975 à 1990 et par des crises politiques et économiques successives, se retrouve ainsi au cœur d’une escalade régionale qui menace de raviver les fractures internes.

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