Le Kremlin soupçonne une tentative de "révolution de couleur" derrière les manifestations en Serbie
Le Kremlin soupçonne une tentative de "révolution de couleur" derrière les manifestations en Serbie

Alors que la Serbie est secouée par une vague de manifestations antigouvernementales, le Kremlin a exprimé lundi ses inquiétudes, suggérant que ces troubles pourraient être le signe d’une tentative de « révolution de couleur », tout en réaffirmant sa confiance dans la capacité des dirigeants serbes à rétablir l’ordre.

« Malgré le fait que la Serbie soit, bien sûr, soumise à une pression sans précédent, nous ne pouvons pas exclure que des méthodes bien connues soient utilisées pour provoquer des révolutions de couleur », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, en conférence de presse. Il faisait référence à une stratégie que Moscou accuse régulièrement l’Occident de promouvoir, visant à provoquer des changements de régime dans des pays jugés proches du Kremlin.

Les propos de Peskov interviennent après un week-end de tensions à Belgrade. Samedi, la police serbe a affronté des milliers de manifestants descendus dans la rue pour réclamer la tenue d’élections anticipées et la fin du règne du président Aleksandar Vucic, au pouvoir depuis douze ans. Les rassemblements se sont multipliés ces derniers mois à travers tout le pays, avec notamment la fermeture temporaire d’universités en signe de protestation.

Malgré les troubles, le Kremlin a affiché son soutien à l’exécutif serbe. « Nous n’avons aucun doute que les dirigeants serbes actuels seront en mesure de rétablir la loi et l’ordre dans la république dans un avenir très proche », a ajouté Peskov.

La Russie entretient des liens étroits avec la Serbie, qui reste l’un de ses derniers alliés en Europe malgré les tensions croissantes entre Moscou et l’Occident. Le président Vucic, régulièrement critiqué pour ses tendances autoritaires, a assisté le 9 mai dernier au traditionnel défilé militaire russe sur la place Rouge, à l’occasion de la commémoration de la victoire soviétique contre l’Allemagne nazie.

Le mouvement de contestation actuel en Serbie, sans leader unique, est nourri par une frustration croissante face à la corruption, à la centralisation du pouvoir et à la stagnation démocratique. Les prochaines élections parlementaires sont prévues pour 2027, année où Vucic doit également achever son deuxième mandat présidentiel. Mais à mesure que les mobilisations s’intensifient, la pression sur le chef de l’État devient de plus en plus difficile à contenir.

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