Le Japon envisage de fixer un plafond pour les résidents étrangers dans un contexte de débat politique croissant @AP
Le Japon envisage de fixer un plafond pour les résidents étrangers dans un contexte de débat politique croissant @AP

Le gouvernement japonais a publié vendredi un rapport appelant à une révision en profondeur de la politique migratoire, suggérant pour la première fois la possibilité d’instaurer un plafond global sur le nombre de résidents étrangers. Cette réflexion intervient alors que l’immigration est devenue un sujet brûlant dans le débat public.

La montée en puissance d’un parti anti-immigration lors des élections sénatoriales de juillet, qui a contribué à la perte de la majorité de la coalition au pouvoir, a renforcé la pression sur l’exécutif. Dans ce climat tendu, l’examen des conditions d’accueil des étrangers, qu’ils soient temporaires ou permanents, prend une dimension hautement politique.

Cette semaine, Tokyo a déjà annoncé un durcissement des exigences de visas pour les entrepreneurs étrangers et mis en place un organisme interministériel chargé de répondre aux inquiétudes liées à la criminalité et au tourisme de masse impliquant des visiteurs étrangers.

Le ministre de la Justice Keisuke Suzuki, responsable de l’agence d’immigration, a reconnu dans le rapport que le pays ne disposait pas de politiques cohérentes en matière d’accueil et de gestion des résidents étrangers. Il a souligné l’absence de discussion sur « l’impact social, les frictions potentielles » et sur un cadre de régulation plus global.

Actuellement, le Japon fixe déjà des quotas : un plafond de 820 000 travailleurs qualifiés pour la période de cinq ans entamée en avril 2024, ainsi qu’un futur visa de stagiaire technique, attendu en 2027, qui sera lui aussi limité. Mais l’idée d’un plafond plus large sur l’ensemble des résidents étrangers marquerait un tournant majeur pour la quatrième économie mondiale, confrontée au vieillissement rapide de sa population et à une pénurie persistante de main-d’œuvre.

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