Le Hamas souhaite que ses quelque 10 000 policiers soient intégrés à une future administration palestinienne à Gaza soutenue par les États-Unis, avant l’ouverture de discussions formelles sur le désarmement du mouvement, selon plusieurs sources proches du dossier. Cette demande intervient alors que le groupe islamiste affirme vouloir préserver les emplois de ses forces de sécurité et de ses fonctionnaires civils.
Le mouvement conserve le contrôle d’une partie de la bande de Gaza depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre sous l’égide du président américain Donald Trump. Cet accord prévoit que tout retrait supplémentaire des troupes israéliennes soit conditionné au désarmement du Hamas, ainsi qu’au transfert de la gouvernance à une instance technocratique palestinienne soutenue par Washington et censée exclure toute organisation armée.
Dans une lettre interne adressée dimanche à ses agents, le gouvernement du Hamas à Gaza a exhorté plus de 40 000 fonctionnaires et membres des forces de sécurité à coopérer avec le futur Comité national pour l’administration de Gaza, tout en les assurant que le mouvement œuvrait à leur intégration dans la nouvelle structure. Selon quatre sources, cette démarche inclut explicitement les forces de police du Hamas, dont certaines patrouillent déjà dans les zones qu’il contrôle encore.
Cette position risque toutefois de se heurter à un refus catégorique d’Israël, qui a répété qu’aucun personnel affilié au Hamas ne devait jouer un rôle dans l’avenir de Gaza. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas répondu aux sollicitations sur ce point. Les divergences restent profondes, alors que Washington promeut un cadre de transition interdisant explicitement toute participation d’« organisations terroristes étrangères » à la gouvernance.
Sur le volet sécuritaire, l’administration américaine souhaite voir les armes lourdes rapidement mises hors service, puis les armes individuelles enregistrées et neutralisées progressivement à mesure que la nouvelle police serait en mesure d’assurer la sécurité. Un responsable américain a récemment évoqué la possibilité d’une forme d’amnistie pour les combattants du Hamas dans le cadre d’un tel processus.
Selon des diplomates, le Hamas disposerait encore de plusieurs centaines de roquettes et de milliers d’armes légères. Le mouvement dit être prêt à discuter du désarmement avec d’autres factions palestiniennes et avec des médiateurs internationaux, mais affirme n’avoir reçu à ce stade aucune proposition détaillée et concrète. Des contacts exploratoires impliquant notamment Israël, le Qatar, l’Égypte et la Turquie auraient néanmoins été engagés.
En Israël, Benjamin Netanyahu a réaffirmé devant le Parlement que la prochaine étape de l’accord ne serait pas la reconstruction de Gaza, mais bien la démilitarisation de l’enclave et le désarmement du Hamas, soulignant ainsi l’ampleur des obstacles politiques et sécuritaires qui subsistent avant toute stabilisation durable.