Le gouvernement tchèque démissionne, ouvrant la voie à un retour au pouvoir d’Andrej Babis (AP)
Le gouvernement tchèque démissionne, ouvrant la voie à un retour au pouvoir d’Andrej Babis (AP)

Le Premier ministre tchèque Petr Fiala a annoncé jeudi la démission de son gouvernement de centre-droit, marquant une étape formelle vers la prise de fonctions du milliardaire populiste Andrej Babis, vainqueur des élections législatives d’octobre.

Conformément à la constitution, le cabinet sortant restera en place jusqu’à la nomination officielle du nouveau gouvernement, un processus qui pourrait durer plusieurs semaines. Le président Petr Pavel devait accepter la démission dans la journée, avant d’entamer de nouvelles consultations politiques.

Andrej Babis, chef du parti eurosceptique ANO, prévoit de former une coalition avec le parti d’extrême droite SPD et le mouvement des Automobilistes, farouchement opposés aux politiques climatiques de l’Union européenne. Leur programme commun promet une hausse des dépenses publiques, un affaiblissement du soutien à l’Ukraine face à la Russie et une ligne plus dure sur l’immigration.

Le président Pavel a confirmé qu’il confierait à Babis la mission de former un gouvernement, tout en soulevant la question du conflit d’intérêts du milliardaire, fondateur du conglomérat Agrofert, actif dans l’agriculture, la chimie et l’agroalimentaire. Ce groupe perçoit d’importantes subventions publiques et européennes, une situation incompatible avec l’exercice de hautes fonctions gouvernementales.

Pavel a également exprimé ses réserves quant à certains candidats pressentis pour le futur cabinet, notamment ceux susceptibles de remettre en cause les engagements de la République tchèque envers l’Union européenne et l’OTAN. Le ministère de la Défense devrait revenir au SPD, tandis que le parti des Automobilistes réclame les Affaires étrangères pour l’ancien pilote Filip Turek, controversé pour des publications passées évoquant des symboles nazis.

Turek a reconnu des « plaisanteries de mauvais goût » mais a nié toute sympathie envers l’idéologie nazie. Une source proche de la présidence a indiqué à Reuters que sa nomination serait jugée « inacceptable ». Babis, de son côté, s’est abstenu de tout commentaire sur la composition de son futur gouvernement.

Que retenir rapidement ?

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