Le chef du Parti communiste vietnamien To Lam vise la présidence et un pouvoir élargi sur le modèle chinois AP
Le chef du Parti communiste vietnamien To Lam vise la présidence et un pouvoir élargi sur le modèle chinois

Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, cherche à cumuler son poste avec la présidence de l’État, selon plusieurs sources proches du dossier. Une telle évolution rapprocherait le système politique vietnamien de celui de la Chine, où le président Xi Jinping concentre à la fois la direction du parti et celle de l’État.

La semaine prochaine, environ 1 600 délégués se réuniront à Hanoï pour le congrès quinquennal du parti, chargé de désigner les nouveaux dirigeants et de fixer les grandes orientations politiques. D’après des sources concordantes, To Lam a déjà sollicité en décembre un premier aval interne pour briguer les deux fonctions, obtenant un soutien clair pour rester à la tête du parti, tandis que l’issue concernant la présidence demeure plus incertaine.

Traditionnellement, le Vietnam privilégie un partage du pouvoir entre plusieurs pôles, la présidence revenant souvent à des figures issues de l’armée et occupant un rôle surtout cérémoniel. Une fusion durable des deux fonctions marquerait donc une rupture notable, même si des précédents temporaires ont existé dans des circonstances exceptionnelles.

Selon des responsables informés, l’armée négocierait en parallèle le maintien d’une large autonomie, notamment en matière de promotions internes, en échange d’un éventuel abandon de la présidence. Ces discussions illustrent les équilibres délicats au sein d’un parti où les forces de sécurité jouent un rôle central.

Les partisans de To Lam estiment qu’un leadership renforcé permettrait d’accélérer les réformes économiques et de donner plus de poids au Vietnam sur la scène internationale. Les critiques, eux, redoutent une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’un dirigeant perçu comme prêt à étendre l’influence de l’appareil sécuritaire.

La décision finale reviendra aux nouveaux délégués élus lors du congrès. Le futur comité central et le bureau politique devront ensuite entériner les nominations clés, ouvrant une séquence déterminante pour l’évolution du système politique vietnamien dans les cinq années à venir.

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