Les États-Unis et l’Argentine seraient en négociations avancées pour conclure un accord permettant à Washington d’expulser vers l’Argentine des migrants originaires d’autres pays, selon une information rapportée par le New York Times. D’après le quotidien américain, un responsable du gouvernement argentin aurait soumis au début du mois une proposition visant à finaliser un accord dit de « pays tiers ».
Reuters n’a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante. Un porte-parole du département d’État américain ainsi que le ministère argentin des Affaires étrangères ont refusé de commenter l’existence ou l’état d’avancement de ces discussions.
Un tel accord s’inscrirait dans la stratégie plus large du président Donald Trump, qui cherche à accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière hors des États-Unis. Son administration entend renforcer les renvois vers des pays tiers, après avoir déjà évoqué ou engagé des démarches similaires avec plusieurs États, notamment en Amérique centrale et en Afrique.
Historiquement, l’Argentine s’est distinguée par une politique migratoire relativement ouverte. Toutefois, depuis l’arrivée au pouvoir du président Javier Milei, proche allié de Trump, le pays a amorcé un durcissement de ses règles, en particulier à l’encontre des personnes disposant d’un casier judiciaire et en imposant des exigences accrues, comme la détention d’une assurance maladie pour les voyageurs.
Cette semaine encore, la ministre argentine de la Sécurité nationale, Alejandra Monteoliva, a affirmé que près de 5 000 personnes avaient été refoulées ou expulsées en décembre et janvier, qualifiant ce chiffre de « record historique ». Ces déclarations illustrent le tournant sécuritaire de la politique migratoire du pays, dans un contexte où un accord avec Washington pourrait renforcer le rôle de l’Argentine dans la gestion régionale des expulsions.