L’administration du président Donald Trump a révoqué plus de 100 000 visas depuis son entrée en fonction l’an dernier, établissant un niveau inédit dans le cadre de sa politique migratoire restrictive, selon le département d’État américain.
Les autorités américaines expliquent que ces révocations s’inscrivent dans une vaste campagne de durcissement de l’immigration, marquée par une hausse des expulsions et par un contrôle accru des titulaires de visas, y compris certains disposant de documents valides. Washington a également renforcé les procédures d’attribution, notamment par une surveillance élargie des activités sur les réseaux sociaux.
D’après le département d’État, environ 8 000 visas d’étudiants et 2 500 visas spéciaux ont été annulés, ces derniers concernant des personnes impliquées dans des affaires criminelles. Les principales raisons avancées pour ces décisions sont le dépassement de la durée de séjour autorisée, la conduite en état d’ivresse, les agressions et les vols.
Les responsables américains indiquent que le nombre de révocations représente une augmentation d’environ 150 % par rapport à l’année précédente. Un nouveau centre de « vérification continue » a été mis en place afin de s’assurer que les ressortissants étrangers présents aux États-Unis respectent les lois en vigueur et que les visas puissent être retirés rapidement en cas de menace pour la sécurité.
La ligne dure de l’administration Trump suscite toutefois de vives critiques. Des défenseurs des droits civiques et des organisations étudiantes s’inquiètent notamment de la révocation de visas pour des motifs politiques. Des responsables américains ont confirmé que certains étudiants étrangers et résidents permanents pourraient être expulsés en raison de prises de position publiques, notamment liées au conflit à Gaza, jugées contraires aux intérêts de la politique étrangère américaine.
Ces mesures illustrent la volonté de la Maison-Blanche de faire de la fermeté migratoire l’un des axes centraux de son action, au risque d’alimenter de nouvelles tensions diplomatiques et juridiques.