La Turquie aurait demandé au service de renseignement britannique MI6 de renforcer la protection du président syrien Ahmed al-Charia après plusieurs tentatives présumées d’assassinat, selon cinq sources informées du dossier. Ankara a toutefois démenti avoir formulé une telle demande.
Selon ces sources, l’agence de renseignement turque MIT aurait contacté le mois dernier son homologue britannique afin qu’il joue un rôle plus important dans la sécurité du dirigeant syrien.
Après la publication de ces informations, les autorités turques ont rejeté ces affirmations, assurant que le MIT n’avait adressé aucune requête de ce type au MI6.
Cette affaire illustre néanmoins les préoccupations sécuritaires persistantes autour de la direction syrienne, dans un pays encore fragilisé quinze mois après la chute du président Bachar al-Assad.
Plusieurs sources estiment que la stabilité du pouvoir d’Ahmed al-Charia est considérée par certains alliés étrangers comme essentielle pour éviter un retour des violences sectaires ou une nouvelle guerre civile, après plus d’une décennie de conflit qui a déplacé des millions de Syriens et permis à l’organisation État islamique de s’implanter sur une partie du territoire.
Des responsables syriens ont par ailleurs reconnu coopérer avec les services de renseignement turcs dans la lutte contre l’État islamique, tandis que les services turcs et britanniques collaborent déjà sur certaines questions de sécurité en Syrie.
Ces discussions interviennent dans un contexte régional extrêmement tendu, alors que la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a des répercussions croissantes dans l’ensemble du Moyen-Orient.