La Russie a averti lundi qu’elle considérerait le déploiement de toute force militaire ou infrastructure étrangère en Ukraine comme une intervention directe, et traiterait ces éléments comme des cibles légitimes, selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères citant le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov.
« Le déploiement d’unités militaires, d’installations, d’entrepôts et d’autres infrastructures de pays occidentaux en Ukraine est inacceptable à nos yeux et sera considéré comme une ingérence étrangère constituant une menace directe pour la sécurité de la Russie », a indiqué le ministère dans un communiqué publié sur son site officiel.
Selon Moscou, tous les contingents militaires étrangers — y compris ceux provenant d’Allemagne ou d’autres pays occidentaux — deviendraient des cibles légitimes s’ils étaient déployés sur le territoire ukrainien. Plusieurs pays occidentaux ont évoqué ces derniers mois la possibilité d’un déploiement limité afin de soutenir un éventuel accord de paix.
Dans la même déclaration, la diplomatie russe a salué les efforts du président américain Donald Trump pour parvenir à un règlement du conflit, affirmant qu’il comprenait les « causes profondes » de la crise. Le ministère a souligné que l’administration Trump faisait preuve, selon Moscou, d’une volonté de dialogue sans conditions préalables jugées « irréalistes ».
Les États-Unis mènent actuellement les efforts diplomatiques visant à organiser des pourparlers pour mettre fin à la guerre. Une deuxième réunion tripartite impliquant des représentants russes et ukrainiens est attendue cette semaine aux Émirats arabes unis, selon des sources diplomatiques.
La question des territoires reste toutefois un point de blocage majeur. Moscou réclame la cession de l’intégralité du Donbass, y compris des zones que ses forces ne contrôlent pas, une exigence catégoriquement rejetée par Kiev.
La Russie a réaffirmé à plusieurs reprises qu’elle ne tolérerait aucune présence militaire occidentale en Ukraine, estimant qu’un tel déploiement constituerait une menace directe liée à l’expansion de l’OTAN vers l’est, un sujet que Moscou considère comme central dans le conflit.