La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les principales routes d’acheminement de l’aide humanitaire, retardant l’arrivée de secours essentiels vers certaines des crises les plus graves au monde, ont déclaré plusieurs responsables humanitaires.
Selon une dizaine d’acteurs du secteur interrogés, les voies aériennes, maritimes et terrestres utilisées pour transporter l’aide internationale ont été fortement affectées par le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, entré dans sa septième journée.
Les fermetures d’espace aérien et les perturbations du trafic maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial, compliquent considérablement la logistique des organisations humanitaires.
Le centre humanitaire de Dubaï, l’un des principaux hubs de distribution d’aide internationale, a également été durement touché par ces perturbations, ce qui ralentit davantage les opérations.
Selon les responsables humanitaires, l’aide destinée à Gaza et au Soudan est désormais quasiment à l’arrêt. Des cargaisons d’urgence, comprenant notamment des tentes, des bâches et du matériel d’éclairage destinés aux territoires palestiniens, sont actuellement bloquées dans la chaîne d’approvisionnement.
Pour contourner les zones de conflit, certaines livraisons destinées à l’Afrique doivent désormais emprunter la longue route maritime passant par le cap de Bonne-Espérance, ce qui augmente considérablement les délais et les coûts.
Jean-Martin Bauer, directeur de la sécurité alimentaire au Programme alimentaire mondial, a averti que ces perturbations pourraient avoir des conséquences graves pour des centaines de millions de personnes dépendantes de l’aide internationale.
« Les personnes qui ont un besoin urgent d’aide devront attendre plus longtemps pour recevoir de la nourriture », a-t-il déclaré, soulignant que les crises alimentaires dans le monde risquent de s’aggraver si la situation se prolonge.