La Gambie accuse le Myanmar d’avoir fait vivre un « cauchemar » aux Rohingyas devant la plus haute juridiction de l’ONU
La Gambie accuse le Myanmar d’avoir fait vivre un « cauchemar » aux Rohingyas devant la plus haute juridiction de l’ONU

La Gambie a affirmé devant la Cour internationale de Justice que le Myanmar avait délibérément pris pour cible la minorité musulmane rohingya dans l’intention de la détruire, qualifiant les violences subies de « véritable cauchemar ». Ces déclarations ont été faites à l’ouverture d’un procès historique pour génocide, le premier examiné dans son intégralité par la CIJ depuis plus de dix ans.

Représentant la Gambie, le ministre de la Justice Dawda Jallow a expliqué que les Rohingyas aspiraient simplement à vivre en paix et dans la dignité. Selon lui, le Myanmar a « volé ce rêve » en soumettant cette population à des violences extrêmes, des destructions massives et des déplacements forcés.

L’affaire a été portée devant la CIJ en 2019 par la Gambie, avec le soutien de l’Organisation de la coopération islamique, qui regroupe 57 pays. Elle concerne les opérations menées en 2017 par l’armée birmane dans l’État de Rakhine, qui ont contraint au moins 730 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh. Des réfugiés ont fait état de meurtres, de viols de masse et d’incendies de villages entiers. Une mission d’enquête de l’ONU a conclu que cette offensive comportait des « actes génocidaires ».

Le Myanmar rejette fermement ces accusations et soutient que son opération militaire constituait une campagne antiterroriste légitime en réponse à des attaques de groupes armés. Lors des audiences préliminaires de 2019, l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi avait qualifié les accusations de « trompeuses et incomplètes ».

En marge des audiences, des victimes rohingyas ont exprimé l’espoir que ce procès apporte enfin justice. Certains ont affirmé avoir été torturés par les forces birmanes et souhaitent que la reconnaissance internationale de leur souffrance ouvre la voie à des réparations. Après plusieurs jours de plaidoiries de la Gambie, le Myanmar présentera sa défense, avant que la Cour n’entende à huis clos des témoignages directs de victimes, une première devant une juridiction internationale.

L’issue de ce procès est suivie de près au-delà du Myanmar, car elle pourrait créer un précédent juridique majeur sur la définition et la preuve du génocide, avec des répercussions sur d’autres affaires internationales en cours.

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