La Belgique rétablit des contrôles aux frontières pour freiner l’immigration illégale
La Belgique rétablit des contrôles aux frontières pour freiner l’immigration illégale

BRUXELLES — Dans une décision qui marque un tournant pour un pays au cœur de l’Europe, la Belgique a annoncé vendredi qu’elle rétablirait des contrôles à ses frontières dès cet été afin de lutter contre l’immigration illégale. Cette mesure, dévoilée par un porte-parole de la secrétaire d’État à la Migration, Anneleen Van Bossuyt, constitue une restriction supplémentaire à la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen, dont la Belgique est membre depuis sa création.

Entourée par la France, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Allemagne, la Belgique est un carrefour européen stratégique, tant pour les voyageurs que pour les migrants. Le gouvernement belge affirme que ces contrôles viseront spécifiquement les personnes entrant sur le territoire et qu’ils auront pour but de contrer les flux migratoires irréguliers, notamment ceux qui exploitent les failles du système Schengen.

Cette annonce intervient alors que plusieurs pays européens durcissent leur politique migratoire, face à une pression accrue aux frontières extérieures de l’Union européenne et à une recrudescence des mouvements secondaires de migrants au sein de l’espace Schengen. Ces derniers mois, la France, l’Allemagne ou encore l’Italie ont également mis en place ou prolongé des contrôles internes, malgré le principe de libre circulation garanti par les accords de Schengen.

Pour le gouvernement belge, cette décision s’inscrit dans un cadre plus large de renforcement de la sécurité et de maîtrise des flux migratoires. Anneleen Van Bossuyt, nommée récemment à la tête du portefeuille de la Migration, a affirmé à plusieurs reprises sa volonté de “restaurer l’ordre aux frontières” et de “rendre la politique d’asile plus stricte”.

Si les autorités belges insistent sur le caractère ciblé et temporaire des contrôles, les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’un possible effet domino dans l’Union européenne. Selon plusieurs ONG, ces mesures pourraient alimenter la stigmatisation des migrants et fragiliser davantage un système européen d’asile déjà sous pression.

En vertu des règles de l’espace Schengen, les États membres peuvent réintroduire des contrôles aux frontières intérieures en cas de menace grave à l’ordre public ou à la sécurité intérieure, mais ces mesures doivent être limitées dans le temps et notifiées à la Commission européenne. Il reste à voir dans quelles conditions exactes la Belgique appliquera cette mesure, et pour combien de temps.

Alors que le débat sur la migration continue de diviser les opinions publiques et les partis politiques à travers l’Europe, la Belgique rejoint ainsi la liste croissante des pays qui remettent en question l’un des piliers les plus emblématiques du projet européen : la libre circulation des personnes.

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