La Banque mondiale a annoncé son soutien au projet de résolution présenté par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations Unies visant à créer un organe de gouvernance transitoire à Gaza, selon une lettre adressée à Washington et consultée par Reuters.
Ce texte, actuellement en discussion entre les 15 membres du Conseil, prévoit la mise en place d’un Conseil de la paix doté d’un mandat de deux ans pour superviser la reconstruction du territoire et coordonner les programmes de relance économique. Ce Conseil aurait pour mission de travailler avec la communauté internationale afin de stabiliser la bande de Gaza après deux années de guerre entre Israël et le Hamas.
Dans sa lettre adressée à l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a salué une initiative qui offrirait « le cadre nécessaire à l’engagement de la Banque » dans les efforts de reconstruction. « Notre engagement à Gaza nécessitera la capacité de travailler avec des partenaires bénéficiant du plein soutien de la communauté internationale », a-t-il souligné.
La Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne estiment désormais le coût de la reconstruction de Gaza à près de 70 milliards de dollars, contre 50 milliards annoncés précédemment. Le projet de résolution prévoit également la création d’un fonds fiduciaire international pour canaliser l’aide financière, sous la supervision des donateurs et des institutions financières mondiales.
Les États-Unis affirment que le texte prend en compte les inquiétudes exprimées par plusieurs pays membres et partenaires régionaux, dont l’Égypte, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis. Washington souhaite que la résolution soit soumise au vote dans les prochaines semaines.
Ce projet s’inscrit dans la deuxième phase du plan en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza, adopté partiellement il y a un mois. La première phase a permis un cessez-le-feu et un échange d’otages entre Israël et le Hamas. La prochaine étape prévoit l’établissement du Conseil de la paix et le déploiement d’une Force internationale de stabilisation temporaire.
Le texte accorderait par ailleurs un mandat temporaire de deux ans aux forces israéliennes pour « utiliser toutes les mesures nécessaires » afin d’assurer la sécurité sur le terrain, une formulation autorisant le recours à la force si nécessaire.
Pour être adoptée, la résolution devra obtenir au moins neuf votes favorables et ne pas être bloquée par un veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni ou les États-Unis.