« Je réclame votre clémence » : en Algérie, le journaliste français Christophe Gleizes risque dix ans de prison
« Je réclame votre clémence » : en Algérie, le journaliste français Christophe Gleizes risque dix ans de prison

Le sort du journaliste français Christophe Gleizes, déjà condamné en juin à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme », s’est encore assombri ce mercredi. Devant la Cour d’appel de Tizi Ouzou, dix ans de prison ont été requis contre ce collaborateur de So Foot et Society, détenu depuis son reportage réalisé avec un simple visa touristique. À la barre, le journaliste a demandé pardon et imploré la clémence des juges, reconnaissant des « erreurs professionnelles » mais niant toute intention politique. Sa famille, privée de nouvelles directes depuis des semaines, espère un geste humanitaire.

Une justice algérienne de plus en plus inflexible

L’audience a illustré une nouvelle fois l’extrême sévérité du système judiciaire algérien, qui assimile avec une grande facilité la plupart des enquêtes sensibles à des activités terroristes. La défense a rappelé que Christophe Gleizes ignorait que certains interlocuteurs étaient considérés comme liés à une organisation interdite en Algérie, mais le ministère public a refusé toute circonstance atténuante. La présence en salle du Français Kévin Lamour, numéro trois de la FIFA et témoin cité à l’audience, n’a rien influencé aux réquisitions.

Au-delà du cas individuel, cette affaire rappelle la crispation politique actuelle en Algérie, où journalistes, militants et intellectuels sont régulièrement inquiétés. La France n’a pas oublié que le romancier franco-algérien Boualem Sansal avait lui aussi été emprisonné arbitrairement durant un an avant d’être libéré il y a deux semaines, preuve supplémentaire de la volatilité de l’appareil judiciaire d’Alger.

Dans ce contexte tendu, le verdict attendu dans les prochains jours dira si les autorités algériennes entendent maintenir la ligne dure ou accorder une forme de clémence. En attendant, Christophe Gleizes reste enfermé dans une prison du pays, tandis que Paris tente de ménager une relation diplomatique déjà fragilisée par plusieurs dossiers sensibles.

Partager