Iran : des sénateurs américains doutent de l’option militaire face aux troubles
Iran : des sénateurs américains doutent de l’option militaire face aux troubles

Alors que l’Iran est confronté à une vague de manifestations antigouvernementales d’une ampleur inédite depuis des années, plusieurs sénateurs américains, républicains comme démocrates, expriment leurs doutes quant à l’efficacité d’une éventuelle action militaire des États-Unis contre Téhéran.

Ces prises de position interviennent après des déclarations du président américain Donald Trump, qui a récemment laissé entendre qu’une intervention américaine en Iran restait envisageable. Les autorités iraniennes, de leur côté, accusent des « terroristes » d’être à l’origine des troubles et affirment vouloir défendre le système en place.

Invité de l’émission « This Week » sur ABC News, le sénateur républicain Rand Paul a mis en garde contre les effets contre-productifs d’une frappe militaire. Selon lui, bombarder l’Iran pourrait renforcer le régime en soudant la population autour d’un ennemi extérieur, au lieu de l’affaiblir.

Un avis partagé par le sénateur démocrate Mark Warner, qui s’exprimait sur Fox News Sunday. Warner a rappelé que l’histoire des interventions américaines au Moyen-Orient montrait leurs limites, évoquant notamment le renversement du gouvernement iranien en 1953, soutenu par Washington, qui a contribué à long terme à l’émergence du régime islamique à la fin des années 1970. Il plaide pour une pression diplomatique coordonnée avec les alliés internationaux plutôt qu’une action armée.

Selon le Wall Street Journal, des responsables militaires et diplomatiques américains doivent présenter cette semaine au président Trump plusieurs scénarios concernant l’Iran, allant de cyberattaques à une éventuelle option militaire. Téhéran a déjà averti qu’il considérerait les bases américaines dans la région comme des cibles légitimes en cas d’attaque.

À l’inverse, le sénateur républicain Lindsey Graham, partisan d’une ligne dure en politique étrangère, appelle à une réponse ferme de Washington. Estimant que les États-Unis doivent soutenir activement les manifestants iraniens, il a déclaré que le régime devait être « ébranlé » afin de mettre fin à la répression.

Dans ce contexte, Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran renversé en 1979 et exilé aux États-Unis, a affirmé être prêt à retourner en Iran pour accompagner une transition vers un système démocratique. Intervenant également sur Fox News, il a assuré travailler déjà à un projet de transition permettant aux Iraniens de choisir librement leurs dirigeants.

Ces divergences au sein de la classe politique américaine illustrent l’incertitude qui entoure la stratégie à adopter face à la crise iranienne, entre prudence diplomatique et tentation d’une démonstration de force.

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