La Cour suprême des États-Unis s’apprête à examiner une affaire majeure qui pourrait remettre en cause l’indépendance de longue date de la Réserve fédérale, alors que le président Donald Trump a déjà testé les limites de son pouvoir sur les agences fédérales. Les juges entendront les plaidoiries le 21 janvier dans le dossier lié au limogeage de Lisa Cook, gouverneure de la Fed.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les décisions controversées visant à étendre l’autorité présidentielle, notamment en révoquant des responsables d’agences de régulation pourtant protégés par le Congrès. Dans plusieurs affaires récentes, la Cour suprême, dominée par une majorité conservatrice, a validé ces choix, renforçant la capacité du président à se défaire de hauts fonctionnaires indépendants.
Toutefois, la Réserve fédérale occupe une place particulière dans l’architecture institutionnelle américaine. En mai dernier, la Cour avait souligné que la banque centrale présentait des « caractéristiques uniques », la distinguant des autres agences indépendantes. Cette position laissait entendre que la Fed pourrait bénéficier d’un niveau de protection plus élevé face à l’ingérence directe de l’exécutif.
Malgré ces signaux, Donald Trump a décidé en août de révoquer Lisa Cook, relançant le débat sur la portée de ses pouvoirs et déclenchant une bataille judiciaire à forts enjeux. L’affaire pose une question centrale : le président peut-il s’immiscer dans la gouvernance de la banque centrale sans remettre en cause sa crédibilité et sa mission de stabilité monétaire ?
Au-delà du cas individuel, la décision attendue pourrait avoir des répercussions profondes sur l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis. Un feu vert de la Cour suprême renforcerait considérablement l’influence présidentielle sur des institutions jusqu’ici conçues pour fonctionner à distance des pressions politiques, tandis qu’un refus marquerait une limite claire à l’expansion de l’autorité de l’exécutif.