Face à l'effondrement de la production, le Ghana va acquérir 200 000 hectares pour relancer le cacao
Face à l'effondrement de la production, le Ghana va acquérir 200 000 hectares pour relancer le cacao

ACCRA, 16 mai 2025 — Le gouvernement ghanéen a annoncé vendredi son intention d’acquérir 200 000 hectares de terres d’ici la fin de l’année pour y établir de nouvelles plantations de cacao, dans le but de relancer un secteur en crise. Cette initiative vise à enrayer la chute drastique de la production nationale, affectée par le changement climatique, les maladies des cacaoyers et l’exploitation minière illégale.

Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a déclaré que cette mesure s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à assurer la durabilité de la production de cacao au Ghana, deuxième producteur mondial derrière la Côte d’Ivoire. Selon lui, la baisse alarmante de la production, passée de plus d’un million de tonnes métriques il y a quelques années à environ 500 000 tonnes actuellement, exige des interventions structurelles fortes.

Dans un communiqué publié sur la plateforme X (anciennement Twitter), le ministère a précisé que les nouvelles terres seraient destinées à renforcer les capacités des petits exploitants agricoles, tout en permettant au gouvernement de jouer un rôle plus actif dans la production. L’objectif est de créer un modèle hybride mêlant agriculture privée et plantations d’État pour sécuriser l’avenir du secteur.

Les autorités pointent du doigt plusieurs facteurs à l’origine de cette crise. Le changement climatique a modifié les régimes de précipitations, réduisant la productivité des exploitations. Par ailleurs, la propagation de maladies comme le swollen shoot, qui affecte les cacaoyers, ainsi que la multiplication de l’orpaillage illégal, ont décimé des milliers d’hectares de cultures dans la ceinture cacaoyère du pays.

En réponse à ces défis, le gouvernement affirme vouloir miser sur des approches innovantes, notamment l’introduction de variétés de cacao plus résistantes et des pratiques agricoles durables. Cassiel Ato Forson, qui siège également au conseil d’administration du Ghana Cocoa Board, a insisté sur la nécessité de « décisions audacieuses » pour protéger une industrie cruciale pour l’économie nationale et pour les moyens de subsistance de millions de Ghanéens.

Le cacao représente en effet une source majeure de devises pour le Ghana, ainsi qu’un pilier de l’emploi rural. Mais avec la production en berne, les exportations en pâtissent, mettant sous pression les finances publiques et menaçant la stabilité du revenu des petits producteurs.

Cette opération d’acquisition de terres pourrait transformer la gestion du cacao au Ghana, historiquement dominée par les petits exploitants familiaux. Reste à savoir si cette politique trouvera l’adhésion des communautés locales, souvent sensibles aux questions de droits fonciers et de contrôle sur les ressources agricoles.

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