États-Unis: La pénurie de gardiens rend les prisons d’État plus violentes et plus meurtrières
États-Unis: La pénurie de gardiens rend les prisons d’État plus violentes et plus meurtrières

Les prisons d’État aux États-Unis sont devenues nettement plus violentes et près de 50 % plus mortelles au cours des cinq dernières années, selon un rapport financé par le gouvernement américain qui doit être publié mercredi. Cette dégradation est principalement attribuée à une pénurie persistante de gardiens, qui fragilise la sécurité des établissements pénitentiaires.

D’après cette évaluation, jusqu’ici non rendue publique, les autorités pénitentiaires peinent à maintenir des effectifs suffisants pour encadrer une population carcérale particulièrement importante. Les États-Unis incarcèrent plus de personnes que tout autre pays au monde, avec environ un million de détenus répartis dans les prisons relevant des États.

L’étude a été financée par le Department of Justice et menée par l’initiative Safe Inside. Elle met en lumière une pression croissante sur les systèmes carcéraux, confrontés à des conditions de travail dégradées, à un fort taux de rotation du personnel et à des difficultés de recrutement chroniques.

Selon les auteurs du rapport, le manque de gardiens entraîne une surveillance insuffisante, des interventions tardives lors d’incidents et une augmentation des violences entre détenus, mais aussi contre le personnel. Cette situation contribue également à une hausse marquée du nombre de décès en détention, qu’ils soient liés à des agressions, à des suicides ou à des urgences médicales mal prises en charge.

Les chercheurs soulignent que cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de sous-financement et de surpopulation carcérale. Même dans les États qui ont engagé des réformes pénales ou réduit certaines peines, les bénéfices tardent à se traduire par une amélioration concrète des conditions de détention.

Le rapport appelle enfin à des mesures urgentes pour renforcer les effectifs, améliorer la formation et les conditions de travail des gardiens, et repenser la gestion des prisons d’État. Sans changements structurels, préviennent les auteurs, la violence et la mortalité pourraient continuer d’augmenter, avec des conséquences lourdes pour les détenus comme pour le personnel pénitentiaire.

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