Des avocats et militants des droits humains ont engagé une action en justice contre le gouvernement de l’Eswatini, l’accusant d’avoir conclu un accord secret avec l’administration du président américain Donald Trump afin d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis. Les plaignants jugent cet accord inconstitutionnel.
L’affaire devait être examinée vendredi par la Haute Cour d’Eswatini, mais l’audience a été reportée au 25 septembre, le gouvernement n’ayant pas soumis ses documents de réponse. « C’est une affaire sans fondement juridique, une requête frivole », a réagi le procureur général Sifiso Khumalo dans un message adressé à Reuters.
Selon les plaignants, regroupés autour de l’Eswatini Litigation Centre, l’accord est illégal car il n’a jamais été présenté au Parlement pour approbation et ses termes n’ont pas été rendus publics.
En juillet, cinq personnes originaires du Vietnam, de la Jamaïque, du Laos, de Cuba et du Yémen ont été expulsées des États-Unis vers le petit royaume d’Afrique australe. Toutes étaient des criminels condamnés, selon les autorités américaines. Le gouvernement eswatinien affirme de son côté les maintenir à l’isolement en attendant leur rapatriement vers leurs pays d’origine.
Devant le tribunal de Mbabane, des manifestants brandissaient des pancartes en soutien à la contestation, tandis que l’avocat Mzwandile Masuku, requérant principal, dénonçait une atteinte à la souveraineté nationale et aux principes constitutionnels.
L’affaire met en lumière la pression migratoire croissante aux États-Unis et les stratégies de l’administration Trump pour trouver des accords bilatéraux permettant d’expulser des étrangers, parfois vers des pays tiers. Pour l’Eswatini, ce dossier pourrait ouvrir un débat plus large sur la transparence des accords internationaux et le rôle du Parlement dans leur validation.